L'invité du forum El Moudjahid, Soufiane Djilali, homme politique et leader du parti Jil Jadid, a violemment critiqué hier le communiqué émanant du chef d'état-major de l'ANP, le général Gaïd Salah, repris par les chaînes de télévision « faisant état de réunion suspecte » par « certaines parties malintentionnées » pour « porter atteinte à la crédibilité de l'ANP ».Abdelhalim Benyellès - Alger (Le Soir) - En effet, dans son intervention, le conférencier accuse, à l'occasion, les chaînes privées de «faire du cinéma» afin de «préparer l'opinion publique à aller à l'encontre de la volonté populaire».
Dans un réquisitoire violent à l'égard de ces médias, Soufiane Djilali dira fermement que ces chaînes privées ne sont pas crédibles car elles véhiculent des rumeurs en se présentant comme des porte-parole de certaines parties. «Nous ne voulons pas de l'artificiel mais aller vers la volonté populaire.»
Revenant sur le sujet du général de corps d'armée, le chef du parti Jil Jadid ne ménage pas Gaïd Salah en l'accusant de «préparer l'opinion publique pour un futur héros», «ce que nous n'admettrons jamais», précise-t-il. Et d'enchaîner que le général Gaïd Salah, à travers son communiqué, donne à voir «la confusion qui règne dans le pouvoir et la confusion au sein de l'institution militaire».
Dans une situation particulière que traverse le pays, dans un régime effondré, l'armée jette des suspicions et la peur chez le citoyen, et devient source de rumeur, tel est le constat alarmant que présente l'homme politique.
Gaïd Salah qui est l'une des sources de la crise est une figure de Bouteflika qui doit partir, lance-t-il d'un ton ferme. Quelques éléments de sortie de crise sont à l'occasion proposés, à commencer par l'installation d'un conseil de transition formé de personnalités crédibles qui ne doivent pas avoir des prétentions politiques avant tout, afin de préparer les instruments à même d'aller vers des élections libres. «Dans le cas contraire, on ira vers un parti unique nouveau», a-t-il prévenu. Mais sur un ton plus optimiste, il dira que la « Révolution du sourire est capable de produire des miracles».
Au sujet de son retrait du mouvement Mouwatana, Soufiane Djilali précise qu'au lendemain de la sortie du peuple le 22 février à l'occasion de la première marche contre le 5e mandat du Président, il a jugé opportun de laisser place au mouvement populaire massif et de laisser le peuple prendre son destin en main.
Les incidences des manifestations des Algériens sont commentées comme étant une avancée que personne ne peut arrêter et qui ont entraîné la fin du régime et l'entame d'un processus de dissolution du FLN. Le parti historique « aux mains des détourneurs ne doit plus exister», reprend l'orateur pour qui le FLN, tout comme le régime, est en train de «s'auto-dissoudre».
Enfin, le leader de Jil Jadid estime que la sortie de crise que vit l'Algérie actuellement impose un débat national, où d'ici le 28 avril, des personnalités nationales auront à gérer la période de transition avec une feuille de route qui puisse garantir une nouvelle légitimité populaire, avant d'enchaîner que seule la transition peut garantir l'expression populaire, négocier au nom du peuple et éviter de lui imposer un nom. Aussi, pour donner plus de détails, l'invité du forum El Moudjahid voit que le futur doit s'ouvrir avec des compétences nouvelles, tourner la page du passé, et que la légitimité historique appartient au passé. «Chaque génération a sa propre mission», telle est la citation que Soufiane Djilali a empruntée pour appuyer son point de vue.
A. B.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Abdelhalim Benyellès
Source : www.lesoirdalgerie.com