Les choses bougeraient-elles en matière de financement de l'achat de logement, voire de la location ? La question de la solvabilité des prétendants au logement, qui paraissait relever de la quadrature du cercle, semble prête à être dépassée en partie par la CNEP. Celle-ci serait désormais prête à allonger la durée du remboursement pour l'achat d'un logement neuf, avec possibilité d'accorder un financement de 100%. La Caisse s'engagerait même dans une démarche de financement des locations. Ce ne sera pas la solution miracle, mais c'est un léger mieux qui, s'il était mis à exécution sérieusement, pourrait dégeler la situation. Il reste à résoudre le seuil de solvabilité qui, de manière absurde, exclut une large partie des épargnants du crédit hypothécaire. Car on est toujours dans une situation où ceux qui ont besoin de logement ne peuvent accéder au crédit en raison de leur capacité d'endettement limitée. C'est à ce niveau que l'on doit agir, si l'on ne veut pas que tous ceux qui aspirent à un logement se placent dans la file d'attente du logement social. Les offres de produits que s'apprêterait à lancer la CNEP, qui dispose de liquidités dormantes, montrent que l'on peut faire preuve d'imagination et qu'il existe des possibilités de sortir du cercle vicieux. Aujourd'hui, de nombreux Algériens aimeraient investir dans le logement mais se rabattent, faute d'option, sur le crédit auto très accessible. On connaît des situations où des familles s'entassent dans des appartements minuscules, tout en ayant deux ou trois voitures. Une aberration qui n'est que le reflet d'autres aberrations qui rendent l'accès au logement impossible. Le plus grave dans cette situation est qu'elle tend à décourager l'investissement personnel dans l'achat du logement. On sait pertinemment que si les crédits pour l'achat de logement étaient plus souples et plus accessibles, les gens y auraient recours plutôt que d'attendre d'être sur la liste d'hypothétiques logements sociaux. C'est vrai que la CNEP, comme toutes les banques, doit s'assurer qu'elle rentrera dans son argent. La chose n'est pas insoluble, d'autant que l'Etat aurait tout à gagner à ce que les gens se prennent en charge et il pourrait offrir des garanties qui encourageraient le crédit pour le logement. La question du logement est une question d'économie mais c'est aussi un drame infernal pour de nombreux citoyens. Sortir des sentiers battus est donc un impératif. A titre d'exemple, la décision d'imposer une période d'incessibilité de 10 ans aux logements sociaux participatifs pèche par son caractère trop général. La mesure est justifiée par la volonté d'éviter la spéculation sur des logements qui bénéficient de l'aide publique. On peut donner du crédit à cet argumentaire. Mais la spéculation touche essentiellement, voire uniquement les grandes villes et il aurait été peut-être plus judicieux d'appliquer la mesure avec discernement. N'est-il pas possible de limiter cette incessibilité aux grandes villes, où la spéculation est forte, et d'en épargner les petites villes où une telle pression n'existe pas ? Il faut combattre la spéculation, bien sûr, mais on peut le faire de manière ciblée afin de ne pas décourager l'investissement dans le logement.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Par M Saâdoune
Source : www.lequotidien-oran.com