Alger - Revue de Presse

Sondage du ministère de l’Intérieur auprès des abstentionnistes



Très peu d’Algérois répondent au questionnaire On apprend d’une source proche de la direction de la réglementation de la wilaya d’Alger que nombre de citoyens de la capitale qui s’étaient abstenus d’aller voter le 17 mai dernier et ayant reçu le questionnaire adressé par les services du ministère de l’Intérieur, n’ont pas jugé utile d’y répondre. Cette «bouderie» de donner suite aux doléances de l’administration trouve des raisons diverses. Pourtant, ce questionnaire, communément appelé à Alger «la lettre de Zerhouni», ne comporte à l’origine qu’une simple et petite question ayant trait à un éventuel changement de domicile. «Avez-vous changé de domicile?» Telle est la question posée. L’envoi recommandé avec accusé de réception est accompagné, en outre, par un court texte explicatif dans lequel sont mises en exergue les «vertus» de l’acte de vote qui, d’après ce courrier, est plus qu’un droit mais un devoir, le devoir d’exercer sa citoyenneté. Cette missive qui est également «assortie de la menace de se faire rayer des listes électorales» n’incite pas pour autant certains électeurs récalcitrants à y répondre, et ce, pour la simple raison que ce serait là exactement leur «vœu le plus cher». La plupart des abstentionnistes qui refusent, ainsi, de s’y soumettre, perçoivent leur attitude surtout comme un acte de «désobéissance civile», voire un prolongement de leur refus de se rendre aux urnes. Pour un étudiant en médecine, les causes réelles de l’abstention massive aux dernières élections sont à chercher du côté du manque de transparence et à la manipulation notoire du système qui cherche désespérément, selon lui, à se perpétuer!» D’une manière générale, les abstentionnistes interrogés parlent surtout d’élections truquées, d’une mauvaise gestion des affaires du pays et de l’absence de volonté de changement de la part des tenants du pouvoir. «Les élus sont désignés et connus d’avance!» Tel est leur leitmotiv. Même s’il n’y a pas eu, jusqu’à présent, un mot d’ordre politique visant le boycott de cette initiative de l’administration, beaucoup considèrent sans ambages qu’il s’agit-là d’un véritable «interrogatoire», d’une «manœuvre» du pouvoir. Certains, ceux-là sont moins nombreux, estiment pour leur part que c’est là une «opération technique» qui n’aurait nécessité que la contribution d’un institut spécialisé de sondage. Le département de Noureddine Yazid Zerhouni, qui a engagé cette opération à grands frais et qui se défend de faire dans l’inquisition, n’en continue pas moins de justifier cette action en direction de plus de quatre millions d’abstentionnistes par le seul souci de mettre à jour les listes électorales.
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