Le secrétaire général du Mouvement populaire algérien (PMA), Amara Benyounès, a clairement affiché, dimanche, ses convictions libérales devant les membres du Forum chefs d'entreprise, lors d'une rencontre organisée au restaurant le Tantra, à Riad El-Feth (Alger). 'La propriété privée doit être la règle et la propriété publique l'exception', a plaidé M. Benyounès, dont le parti milite pour une 'Algérie démocratique, républicaine et moderniste'. Pour le secrétaire général du MPA, l'économie algérienne est confrontée à deux défis. Le premier est le passage d'une économie pétrolière à une économie de production. 'Depuis des années, nous parlons de cette transition, mais plus les années avancent, plus nous constatons que l'économie algérienne s'enfonce davantage dans la dépendance des hydrocarbures', a constaté
M. Benyounès. En réalité, a-t-il relevé, l'économie algérienne est confrontée à une triple dépendance : des hydrocarbures, alimentaire et enfin vis-à-vis du secteur informel. Sur le secteur informel, le SG du MPA a expliqué que sa 'position a un peu évolué'. Il y a quelques mois, il était favorable à son éradication totale, parce qu'il représente un danger sur le plan économique, mais également sur le plan politique. 'Ce sont les intégristes, ceux qui sont porteurs d'un projet intégriste, qui ont le monopole du marché informel', a-t-il affirmé. Aujourd'hui, M. Benyounès plaide pour 'la création de maximum de mécanismes' pour intégrer le secteur informel dans le secteur économique formel. Il se dit favorable à 'une amnistie avec un droit d'entrée de 10%'. L'amnistie ne concerne pas les liquidités dont l'origine est criminelle (drogue, terrorisme, corruption). 'Il faut donner un maximum de facilités à ces commerçants pour qu'ils intègrent le circuit formel, leur donner un certain délai. Mais une fois le délai dépassé, il faut que l'état sévisse d'une manière la plus forte possible', a-t-il précisé. Le deuxième défi, qui de son point de vue est le plus difficile à relever, est le passage d'une économie collectiviste à une économie de marché. 'Je suis sidéré par ce que j'ai entendu, durant la campagne électorale, de certains 'grands' partis politiques, ceux qui gèrent le pays, ceux qui sont, probablement, appelés à continuer, encore, à gérer le pays, par rapport à leur conception de l'économie', a lancé M. Benyounès. 'On ne peut construire une économie de marché avec un secteur public dominant', a estimé le secrétaire général du MPA, regrettant 'la timidité' du FCE sur le foncier industriel.
'Si nous cédons sur le principe de la propriété, il ne peut pas y avoir d'économie de marché', a-t-il ajouté. Ne cédant sur rien, M. Benyounès relève que la privatisation est devenue un tabou ces dernières années, 'comme la laïcité en politique'. Il évoque même 'un apartheid économique' dans certains secteurs, en citant les banques. 'Nous avons des banques publiques et des banques à capitaux étrangers, c'est un secteur qui est interdit aux Algériens. Les Algériens ne peuvent pas investir dans les banques dans leur pays, comme ils ne peuvent pas investir dans les compagnies aériennes', a-t-il regretté. 'Heureusement que Khalefa n'a développé que ces deux activités. S'il avait développé d'autres activités, elles seraient encore interdites au secteur privé algérien', a ironisé M. Benyounès, estimant qu'un véritable recul a été amorcé ces dernières années, citant des exemples qu'il qualifie de 'scandaleux', en matière de législation économique. Se montrant très critique sur la mesure permettant aux sociétés étrangères d'importation de détenir jusqu'à 70% du capital de la société d'importation et 30% seulement un partenaire algérien, M. Benyounès s'engage, si son parti obtient la majorité à l'APN, à interdire aux opérateurs étrangers de faire dans l'importation. Le MPA compte également abroger la règle 51/49 régissant l'investissement direct étranger. 'L'idéal pour nous est que l'opérateur étranger soit associé à un Algérien, qu'il prenne un partenaire algérien, mais s'il veut détenir la totalité du capital, je ne suis pas contre', a indiqué M. Benyounès. Le MPA milite aussi pour le rétablissement du crédit à la consommation et l'importation des véhicules d'occasion. 'Nous ne devons plus laisser les Algériens otages d'un certain nombre de concessionnaires automobiles', a-t-il lancé. Le secrétaire général du MPA est favorable au rétablissement du week-end universel. C'est même pour lui 'une nécessité absolue, une chose essentielle'. 'Nous n'avons pas de problème de religion. Nous sommes des musulmans depuis des siècles', a-t-il souligné.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Meziane Rabhi
Source : www.liberte-algerie.com