Alger - Revue de Presse

Solidarité et émeutes à Alger



Pendant que toute l'Algérie a marché en solidarité avec Ghaza, Alger a été prise d'assaut par des émeutiers dont la rage de tout casser sur leur passage oblige à des interrogations.

Pour une fois que le pouvoir cède aux pressions de ceux qui veulent exprimer leur solidarité avec la Palestine occupée, les émeutiers étaient au rendez-vous pour perpétrer des actes de casse absurdes. Ceci étant, les émeutiers nationaux n'étaient pas les seuls à le faire ; d'autres comme eux, dans plusieurs capitales européennes, traînant un coeur gros à cause de l'impunité régnante, l'ont fait.

Ils ont exprimé leur colère en jetant des pierres ou des chaussures sur les ambassades israélienne et américaine, ou encore sur des devantures de commerces ou des véhicules de police, lorsque celle-ci les empêchait de le faire. La comparaison n'est nullement pour justifier la violence aussi infime soit-elle. Il faudrait juste que nos politiques sachent que quel que soit le degré de son intensité, elle ne doit jamais être mise en avant pour rétrécir des espaces de démocratie et de liberté chèrement et durement acquis. L'exemple de l'Algérie illustre parfaitement le tableau. Bien des générations ont vécu des privations monstrueuses, dont les plus récentes l'ont été durant les années 90. Période de crimes et de barbarie certes, mais à aucun moment les Algériens n'ont fui la scène du combat démocratique. Ils ont occupé les rues, bravant la mort pour revendiquer le droit à la vie et à l'expression libre.

Il est clair que l'histoire revient pour peut-être mettre les peuples devant des faits qui pourraient les détourner de l'essentiel de leur existence. Des faits que tout autant que leurs gouvernants, ils n'ont pas su ou pu prendre les bonnes résolutions au moment où ils en ont été accablés. Encore une fois, l'Algérie en est le bon exemple. La donne islamiste a été légalisée par les dirigeants d'une époque qui ont bien voulu tenter l'expérience démocratique. Bien ou mal entreprise, cette expérience ne vaut que par la décision de ces dirigeants de l'avoir osée. Et c'est important. Beaucoup ont prétendu que le peuple n'était pas prêt à vivre une pleine liberté de l'esprit, de l'expression et de l'initiative. Ceci n'est que subterfuge. Mais face à un système politique défaillant et de surcroît grossier manipulateur, toute tentative d'épanouissement de la société est vouée à l'échec parce qu'elle est forcément détournée de son but originel.

La manipulation politique de la donne islamiste a enfanté un monstre qui avait mis à genou le pays. Paradoxalement, c'est cette même situation monstrueuse qui a permis au système politique de se régénérer et de perdurer. Ce qui expliquerait le pourquoi du comment du choix politique et de l'aisance qui lui a été laissée ou donnée pour son évolution. Aujourd'hui, bien que le débat ait changé de cap, il s'assigne les mêmes objectifs. Les dirigeants actuels ont remis en cause l'ouverture du paysage médiatique et l'avènement de la presse privée. Le président Bouteflika a eu à justifier son refus d'ouvrir le champ audiovisuel au privé pour ne pas, avait-il soutenu, avoir à subir les désagréments apportés au pays par la presse privée. C'est un point de vue qui se tiendrait si l'on sait qu'en cas d'ouverture, ce seront les barons de l'économie qui rafleraient la mise. Ceux des agents économiques qui se sont accaparés les divers marchés sans être soumis à l'obligation de produire des richesses, ou même de s'acquitter comme il se doit de leurs devoirs fiscaux, seraient sans doute les premiers à ouvrir des chaînes de télévision. Si c'est ce qui est appréhendé, il faut souligner que ce sont les dirigeants politiques qui, en premier, ont failli à leurs obligations d'assainir l'économie, le social et autres registres de la corruption et de l'accaparement illégal des richesses du pays.

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