Par Malika Boussouf
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Il y a quelques mois, à Madrid, j'ai sollicité l'aide d'un compatriote pour m'orienter, traverser l'immense aéroport et embarquer pour Alger. Ils étaient en fait deux charmants messieurs, l'un barbu, l'autre pas, qui connaissaient tout des dates importantes auxquelles il fallait impérativement venir faire ses achats.
Celles des soldes et, surtout, toutes les bonnes adresses. Lorsque la douane jure ses grands dieux qu'elle va surveiller de près les trabendistes du cabas, j'hésite à y croire pour avoir vu faire ces derniers lors de plusieurs vols de retour vers Alger et donc pour avoir apprécié le talent déployé, l'aisance avec laquelle ils conjuguent connaissance des lieux et de ce qu'il faut à chaque fois éviter pour se faire gauler et le comportement à adopter avec le personnel au sol et celui à cètoyer durant le vol. Ce seront eux qui contrôleront le taux de change parallèle, histoire d'en transférer, assez, pour alimenter les comptes extérieurs. Parce qu'il ne faut pas croire ! Ils ne transportent pas tous du liquide sur eux. Beaucoup disposent de cartes bancaires qui leur permettent de voyager légers et de ne pas se laisser surprendre par un contrôle inopiné des Douanes algériennes en lesquelles ils n'ont absolument aucune confiance.
Un agent complice aujourd'hui peut, de façon inattendue et pour des raisons que les trabendistes ne nous détailleront pas, changer son fusil d'épaule et monter au créneau le lendemain.
Beaucoup de ceux qui sévissaient dans les maquis et se seraient, depuis, prétendument repentis et ceux qui narguaient les autorités à longueur de manifestations se sont reconvertis dans le commerce illicite.
Le pouvoir, qui lâche du lest pour avoir la paix lorsqu'il se sent menacé de déstabilisation, trouve son compte en négociant la paix. Certains douaniers aussi. Beaucoup ont pour réputation de se faire des vies de rêve sur le dos de ceux dont ils laissent passer la marchandise. Le voyage s'organiserait au gré des brigades des uns et des autres. Les autorités se doutaient bien qu'en interdisant à l'importation des centaines de produits, elles favoriseraient le retour du commerce illicite.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : M ”ˆB ”ˆ
Source : www.lesoirdalgerie.com