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SOIT DIT EN PASSANT



SOIT DIT EN PASSANT
Par Malika Boussouf[email protected]/* */Il est des jours comme ça où, lorsque la vie reprend ses droits durant les courtes nuits du Ramadhan, on se dit que c'est possible, que cela pourrait devenir permanent, que les cafés et les salons de thé savent rester ouverts quand ils en ont l'occasion ou quand la permission leur est accordée. Le sens de la convivialité reprend ses droits quand tous ceux qui se seront montrés odieux durant la journée retrouvent un comportement humain le soir venu. Lorsque les rues s'animent, que les boutiques s'illuminent et que des copains de quartier se retrouvent autour d'une partie de dominos, vous ne comprenez plus pourquoi, jamais en dehors du Ramadhan, une capitale comme Alger ne montre autant d'enthousiasme à rester vivante, active, joyeuse. Nous avons des rapports tellement compliqués avec les choses qui marchent et mènent au succès que le problème ne se pose plus pendant le jeûne, dès lors que la seule préoccupation consiste à s'interroger sur le menu du jour et le prochain chouway à découvrir pas loin de chez soi !Lorsque l'agressivité ne s'invite pas par la grande porte, c'est l'absence de réflexion qui fige les esprits. Nous réagissons de façon désincarnée face à la plus grande et plus aberrante réalisation de Bouteflika.Ce lieu de culte destiné à abriter plus de 100 000 fidèles, dont beaucoup s'écrouleront en franchissant le seuil, fait réagir du bout des lèvres. Quand on pense qu'il y en a même qui vous affirmeront être prêts à mourir de faim pour voir trèner le monstre vorace qui engloutit au passage tout l'argent du contribuable et enterre l'espoir de sortir du sous-développement. Elle est triste cette frange d'intellos, plus du tout en quête de sens, qui s'est enfermée dans une espèce de conformisme primaire et se montre volontiers plus consensuelle et plus religieuse qu'elle ne l'a jamais été. Autant faire abstraction de celui qui s'agite et s'éparpille dans un faible espoir de faire mouche. Il faut dire que sans les textes religieux et la langue dans laquelle ils ont été transcrits, ceux qui aspirent à transmettre, plutôt que de reprendre à leur compte ou d'interpréter à leur guise, ne courent pas les rues.
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