Alger - Revue de Presse

Sohane: La difficile réinsertion



1985. La naissance de la commune de Sohane est accueillie par les habitants comme leur propre naissance. Ils étaient à l'époque un peu plus de 4.000 personnes à habiter les montagnes de l'Atlas blidéen, entre l'Arba et Tablat, dans la wilaya de Médéa. Le décor est magnifique et la baie d'Alger est à portée d'oeil. La RN 8 qui y menait fut doublée par la RN 8D qui passe par le hameau de Techt, où une école datant de l'époque coloniale et quelques habitations étaient construites en sa bordure. Le reste des maisons étaient invisibles et il fallait connaître les lieux pour les dénicher, cachées derrière des monticules ou au milieu d'une végétation luxuriante. Elles étaient éloignées les unes des autres, ce qui constituent d'après les spécialistes une zone éparse. Il faudrait plusieurs pages du journal pour décrire la beauté sauvage des lieux qui de verdoyants au printemps passent à un manteau blanc durant l'hiver, ce qui les rend encore plus attrayants. La vie commença à devenir meilleure par la réalisation de plusieurs infrastructures, comme le CEM, une salle polyvalente et la venue de nouveaux habitants. L'agriculture et l'élevage permettaient aux habitants de bénéficier d'une importante rentrée d'argent. Puis vinrent les années 90 traînant dans leur sillage la mort et la désolation. Comme la quasi-totalité des APC algériennes, celle de Sohane fut élue ex-FIS. L'année 1993 vit le début des attentats et l'armée commença des opérations de contrôle. Puis tout alla très vite et les habitants subirent le joug. Les exactions, les expéditions punitives, les extorsions de sommes importantes mirent les Sohanais dans une situation délicate et les premières familles commencèrent un exode douloureux, emportant leurs biens petit à petit pour ne pas se faire prendre en train de déménager. Mais à partir de 1995, il ne resta que deux ou trois familles trop pauvres pour s'en aller et la destruction de tout ce qui représentait l'Etat commença d'une manière systématique. Il ne resta rien des trois centres de santé, ni des écoles, ni l'APC, ni la salle polyvalente, ni le bureau de poste. Tout fut détruit et les biens qui s'y trouvaient ont pris des destinations inconnues. Les quelques rares familles restées à Sohane furent décimées lors d'une attaque terroriste qui laissa la mort derrière elle. Puis, petit à petit, la paix commença à régner sur la région et les services de sécurité devinrent maîtres des lieux. Les jeunes qui avaient pris les armes revinrent dans leurs familles grâce à la concorde civile, puis à la réconciliation nationale et la vie reprit ses droits. Quelques familles eurent le courage de revenir et l'Etat ne lésina sur aucun moyen pour les aider. L'APC, la salle de soin, l'école furent remises à neuf et quelques élèves reprirent le chemin vers l'instruction. Actuellement, il y a 261 personnes qui habitent régulièrement la commune et plusieurs projets ont été initiés pour le retour des habitants. Une auberge de jeunes y a été construite comportant un cybercafé, une aile pour l'apprentissage et une autre pour l'accueil et l'hébergement des jeunes d'autres régions. les choses sont encore difficiles car, il n'y a presque aucun moyen pour l'APC de générer une rentrée d'argent pour améliorer ses interventions, mais les élus se battent courageusement pour ramener le maximum aux habitants. D'ailleurs, quand les 10 locaux professionnels et les 40 logements lancés dernièrement seront réceptionnés, nous verrons plusieurs autres familles revenir. En outre, les anciens habitants ont demandé aux responsables concernés de les aider à créer des groupes d'habitations pour pouvoir revenir, surtout que les conditions sécuritaires sont meilleures et si les structures minimales se trouvaient réalisées. C'est aussi la volonté des responsables qui mutiplient les visites sur le terrain et qui ne lésinent sur aucun effort pour aider cette commune qui est considérée comme la plus petite et la plus pauvre du territoire national.
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