
Dans une conférence animée au nouveau lycée des mathématiques, devant des lycéens de la capitale, l'ancien chef du gouvernement, M. Smaïl Hamdani a témoigné de ce que fut la diplomatie algérienne. Organisée par l'Idri (Institut diplomatique des relations internationales affilié au ministère des Affaires étrangères) et le ministère de l'Education nationale, la rencontre avait comme thème «La diplomatie algérienne au service de l'indépendance». Le conférencier a d'emblée déclaré que la diplomatie algérienne a été complémentaire de la lutte armée déclenchée par les Algériens le 1er novembre 1954. «Il fallait que la lutte armée soit connue au niveau international. C'était le rôle que s'est attribuée la diplomatie algérienne», a souligné l'ex- chef du gouvernement, entre le 15 décembre 1998 et le 23 décembre 1999. C'est dans ce sens, explique M. Hamdani, que l'Algérie a été représentée par le défunt M'hamed Yazid et Hocine Aït Ahmed aux travaux de la rencontre de Bandung (Indonésie), moins d'un mois après le déclenchement de la guerre de libération.
C'était en avril 1955. Et c'est aussi dans la même finalité que l'Algérie a délégué ses représentants à la rencontre de Tanger, en 1958. Le conférencier a abordé l'étape la plus importante dans laquelle était engagée la diplomatie algérienne. Il s'agit, bien entendu, du déroulement des Accords d'Evian. Il a indiqué, à ce propos, que la délégation algérienne a défendu trois principes : l'indépendance, l'unité du peuple et l'unité du territoire national. M. Hamdani dira que «le FLN est parvenu à imposer ces principes jusqu'à l'organisation du référendum sur l'autodétermination». Il soulignera, par ailleurs, que «contrairement aux autres cas, le FLN a pu s'imposer aussi comme le seul et légitime interlocuteur des autorités françaises». Parce que, argue le conférencier, «l'interlocuteur valable c'est l'adversaire direct». Et dans le cas en question, «l'interlocuteur des Français ne pouvait être que le FLN».
M. Hamdani a, ensuite, abordé les chantiers qui devraient préoccuper la diplomatie algérienne. Pour lui, «la diplomatie algérienne s'est attaquée après l'indépendance aux problèmes hérités du colonialisme» comme le sous-développement et la nationalisation des richesses du pays. Interrogé sur les Accords d'Evian, Hamdani a nié l'existence d'un quelconque secret que les négociateurs auraient conclus. Concernant les cas des bases militaires, sur le sol algérien, que la France a continué à gérer même après l'indépendance, l'ancien chef du gouvernement a soutenu qu'il s'agit de «facilitation et non des concessions».
A. Y.
«19 juin 65 : c'était un coup d'Etat»
Au cours de la conférence qu'il a donnée hier à Alger, Smaïl Hamdani, ancien chef du gouvernement sous Liamine Zeroual et Abdelaziz Bouteflika, s'est arrêté sur une date controversée de l'histoire de l'Algérie : le 19 juin 1965. Smaïl Hamdani a déclaré, à ce propos, que ce qu' «on qualifie parfois de '' redressement révolutionnaire '' est bel et bien un coup d'Etat». Il ajoute à ce sujet que «le coup d'Etat a été accepté parce l'équipe de Houari Boumediène avait un projet de société».
A. Y.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Amirouche Yazid
Source : www.latribune-online.com