Le secrétaire général de l'UGTA rencontrera la
semaine prochaine les responsables des organisations patronales en prévision de
la prochaine tripartite mais aussi pour lancer un appel pressant à «une
mobilisation citoyenne» contre, dit-il, «toute tentative étrangère de
déstabilisation de l'Algérie».
Le Premier ministre a annoncé dimanche dernier que la tripartite se
tiendra fin septembre ou début octobre. Les partenaires sociaux expliquent ce
manque de précision à propos de la date par l'importance des nouveaux projets
de lois que le gouvernement se doit de mettre au point «le plutôt possible». Il
faudra donc, précisent-ils, compter avec les débats à l'APN,
les amendements devant être apportés aux textes et leur adoption. L'on pense
cependant que la tripartite se tiendrait soit le dernier jeudi du mois en cours,
c'est-à-dire le 29 septembre, soit le premier jeudi d'octobre, à savoir le 6 du
mois prochain.
En même temps qu'elle procède à la
finalisation des dossiers qui seront à l'ordre du jour de cette tripartite, l'UGTA prête une oreille attentive à ce qui se passe aux
frontières du pays, aux risques de sa déstabilisation et aux conséquences
sécuritaires qui pourraient en découler. Son secrétaire général semble prendre
«les choses bien au sérieux». Il est persuadé qu'«il n'y a jamais de fumée sans
feu, les multiples agressions verbales en provenance de l'étranger à l'égard de
l'Algérie sont loin d'être innocentes ou fortuites, elles veulent absolument
coller à l'actualité qui prévaut dans le monde arabe, notamment en Libye, pour
tenter de déstabiliser notre pays», nous disait-il hier. L'allusion est faite
particulièrement aux déclarations de responsables français à propos de la
position algérienne vis-à-vis de l'insurrection libyenne.
Abdelmadjid
Sidi Saïd se rappelle avec émotion «la période où les Algériens se sont
mobilisés pour protéger le pays contre le terrorisme, le temps du CNSA (Comité
national de sauvegarde de l'Algérie) qui avait regroupé toutes les forces vives
de l'Algérie». Il n'en pense pas moins aujourd'hui à propos d'une nouvelle
mobilisation qu'il considère «nécessaire en ces temps troubles».
Il prévoit pour cela de se réunir
la semaine prochaine avec les organisations patronales pour, explique-t-il, «faire
un point de situation en prévision de la prochaine tripartite, discuter de
l'état des entreprises en général et de l'outil de production en particulier
mais aussi s'accorder sur le lancement d'une campagne de sensibilisation auprès
du monde du travail autour des questions nationales d'ordre politique, économique
et social». Sidi Saïd estime qu'«il est important de se concerter sur
l'évolution de la situation nationale et internationale et de déterminer la
position des partenaires sociaux contre ce que je considère comme de véritables
agressions étrangères contre l'Algérie». Au-delà du fait qu'il y ait eu, selon
lui, un accord de principe des organisations patronales pour tenir sa réunion, il
saisit l'occasion pour appeler à «une forte mobilisation de toute l'Algérie
dans sa profondeur et sa dimension plurielle pour la protéger contre toute idée
de rempilage par l'étranger de son sol, de ses biens, de ses richesses et de sa
Nation.» Des richesses comme, souligne-t-il, «le pétrole qui est imbibé du sang
des martyrs de la guerre de libération nationale et du sang de ceux qui ont
défendu l'Algérie contre le terrorisme et que personne ni aucune génération ne
peut trahir». Il appelle les Algériens à «se dresser contre toutes velléités
d'exportation vers notre pays d'une démocratie définie dans des laboratoires
étrangers, on n'en veut pas ! L'Algérie a des traditions ancestrales dans ce
domaine, elle les défendra jusqu'au bout !» Le SG de l'UGTA
souligne que «c'est déjà beaucoup qu'ils nous exportent leur friperie, nous ne
voulons pas de leur démocratie !»
Il tient à exprimer «la position
immuable de l'UGTA pour défendre le pays bec et
ongles contre toute tentative de déstabilisation». Position qu'il se dit persuadé que «le monde du travail partage totalement». Pour
lui, «les travailleurs sont viscéralement rattachés à leur pays, ils n'ont pas
de leçon à recevoir !»
D'ailleurs, le mouvement de
mobilisation des Algériens pour «la sauvegarde de leur pays», le patron de la Centrale syndicale compte
bien lui donner un ancrage au sein du monde du travail. Dès la semaine
prochaine, les membres du secrétariat national se déploieront, selon lui, à
travers l'ensemble du territoire national pour mobiliser les travailleurs. L'appel
sera lancé à travers quatre regroupements nationaux que ses proches
collaborateurs animeront avant la tenue de la prochaine tripartite. «Les
regroupements concernent tous les cadres syndicaux du pays et s'articuleront
autour des dossiers devant être examinés en tripartite et l'évaluation du
règlement intérieur qui a été remis à la base pour avis et propositions, c'est
pour nous, une première parce que le texte n'a pas été revu depuis 1978». Les
cadres syndicaux sont aussi instruits pour discuter, selon Sidi Saïd, des
évolutions des situations internes et externes». Il affirme qu' «il est
impératif que le monde du travail se mobilise pour protéger son outil de
travail contre toute agression en ces temps difficiles de chômage et de crise
économique et sociale». Sidi Saïd affirme qu'ainsi, «le rempilage colonial ne
se fera pas !».
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Posté par : sofiane
Ecrit par : G O
Source : www.lequotidien-oran.com