Alger - A la une

Sidi Saïd à la clôture de l'université d'été du PT : «L'article 87 bis a été abrogé»



L'article 87 bis du code du Travail qui a fait couler beaucoup d'encre et de salive depuis son institution en 1995 par le gouvernement de l'époque, sur injonction du FMI qui dictait alors tout ce qui devait se faire chez nous, a été abrogé lors de la dernière tripartite, suite à un accord conclu entre le gouvernement, l'UGTA et le patronat.
C'est ce qu'a déclaré, hier, M. Abdelmadjid Sidi Saïd, au cours d'une allocution prononcée à la clôture de l'université d'été du parti des Travailleurs, à laquelle il a été invité. «L'article 87 bis n'existe plus mais il reste des questions techniques pour l'application, sur le terrain, de cette décision qui doivent être réglées, comme de dégager les moyens de financement car cela va impliquer une dépense très importante qui devra être supportée par l'Etat ainsi que par le secteur privé», a affirmé le SG de l'UGTA.
Pour rappel, cet article faisait entrer dans le calcul du SNMG, aussi bien le salaire de base que la plupart des primes qui sont versées au travailleur, le gonflant ainsi de manière artificielle et rendant caduque toutes les augmentations. C'est donc un acquis considérable pour les travailleurs, essentiellement les bas revenus qui verront leurs salaires de base passer à au moins 18.000 DA. Il y a des milliers de travailleurs dont le salaire de base ne dépasse guère les 9.000, 12.000 ou 15.000 DA et qui seront donc indexés sur la nouvelle rémunération et cela implique donc une dépense énorme qu'il convient de dégager. Toujours au cours de son allocution, Sidi Saïd a affirmé que la condition du 49/51% imposé aux sociétés étrangères, voulant investir en Algérie, ne pouvait souffrir d'aucune révision car cela aurait un impact négatif certain sur l'économie algérienne. Concernant l'aide à l'investissement à l'étranger pour certains opérateurs économiques privés avec l'argent des banques algériennes, le SG de la Centrale syndicale déclare que: «nous nous opposerons avec force pour que cela n'aboutisse pas, car c'est vraiment un non-sens, qu'à l'heure où nous essayons par tous les moyens, d'attirer les IDE (investissements directs étrangers) nous donnions notre argent à des gens qui vont l'investir ailleurs ». Il dira même que le ministre qui a fait cette déclaration « était sous le coup du carême (ghalbou ramdane) ».
En abordant la préparation de la prochaine tripartite, l'invité de l'université d'été du parti des Travailleurs a annoncé que les discussions ont été interrompues avec les opérateurs économiques car les approches divergeaient sur plusieurs points et qu'il convient d'aplanir toutes ces difficultés avant. La question du travail temporaire que veulent généraliser les opérateurs économiques, au détriment d'une politique du travail basée sur la garantie d'un salaire digne, est celle qui aurait fait achopper les discussions, en plus d'autres.
La réhabilitation de l'industrie algérienne est une des quatre batailles que veut mener Sidi Saïd qui préconise la remise sur rails des grands pôles industriels afin de consommer algérien au lieu d'importer «n'importe quoi» à coups de milliards de dollars. «Si nous sommes parvenus à sauvegarder notre politique nationale contre toute ingérence étrangère, nous devons pouvoir le faire pour notre économie » a-t-il affirmé par la suite, avant de déclarer que l'UGTA a présenté 142 propositions de mesures pour la réhabilitation de l'industrie nationale et 174 autres pour la sauvegarde du pouvoir d'achat du citoyen algérien. D'ailleurs, il rappelle que le syndicat qu'il préside a ouvert deux marchés de proximité à Alger dont l'un, à la place du 1er Mai, où tous les produits sont vendus beaucoup moins chers que dans les autres marchés de la capitale, la viande de mouton fraîche coûtant 980 DA le kilo contre 1.400 et 1.600 chez les bouchers, alors que le kilo de pois-chiche ne fait que 150 DA contre 300 DA ailleurs « et ceux qui gèrent ces stands font des bénéfices, ce qui démontre que nous pouvons réguler le marché très facilement si le gouvernement s'implique. D'ailleurs il faut rappeler que la marché intérieur algérien a été dérégulé depuis la fermeture des galeries et autres souks el-fellah » a précisé le SG de l'UGTA qui a annoncé que parmi les mesures préconisées pour la régulation du marché, il avait proposé la création des grandes surfaces, même en entreprises mixtes public-privé.
Il ira même jusqu'à dire qu'après la bataille de la réhabilitation de l'industrie algérienne, il faudrait mener une autre grande bataille contre les spéculateurs de tous bords. Enfin, et lors de son discours de clôture de l'université d'été, la SG du parti des Travailleurs, Mme Louiza Hanoune a invité ses militants à continuer sur la même voie dans l'intérêt supérieur de l'Algérie, tout en se félicitant de la participation record des militants du PT à l'université d'été. « Des recommandations et des solutions pour la sortie de la crise multiforme dans laquelle nous nous débattons, vont être remises aux autorités par le biais des députés» a-t-elle affirmé, avant de dire que: «ces recommandations et solutions sont dignes du programme d'un gouvernement travailliste ». Elle s'en prend ensuite au ministre de l'Intérieur qui avait déclaré que les jeunes ne sont pas ‘branchés' pour leur pays, en lui rappelant que c'était les jeunes qui avaient empêché l'internationalisation de la crise algérienne et qui avaient contribué à ramener la paix et la réconciliation entre les Algériens ».
Concernant la désignation d'Ahmed Ouyahia à la tête de la commission de préparation des élections locales, Mme Hanoune affirme: «que cela veut dire qu'il va rester jusqu'à 2013, mais pour les 7 ministères qui sont gérés par intérim, jusqu'à quand vont-ils rester ainsi '». Elle rappelle que cela serait dû à trop de demandes ou à trop de ‘clients' qui attendent d'être récompensés par des postes de ministres. Enfin, et en rappelant que la composante de l'APN était sans consistance et sans capacités réelles, la SG en appelle au premier magistrat du pays pour lui dire que: «la révision de la constitution n'est plus une priorité et qu'il vaut mieux attendre une autre chambre pour cela».
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)