Après le conclave de présentation, tenu au
musée, d'un nouvel ouvrage signé Nehari Ali, un jeune universitaire, féru
d'histoire et de recherches et portant sur la glorieuse wilaya historique
numéro cinq avec, comme référence, son père le commandant Hadj Tayeb déjà
co-auteur d'un ouvrage sur l'histoire de Sidi Bel-Abbès avec l'historien Tabet
A. Redouane, nous venons d'apprendre, la tenue durant le mois de mai prochain,
d'Assises sur l'histoire de la région de Sidi Bel-Abbès, victime de maintien de
fallacieux repères caractérisés par quelques mythes fondateurs qui ont tendance
à être brandis qu'il s'agit de l'histoire de la ville, comme sont méconnus nombreux
hauts faits d'armes et autres acteurs-légendes parmi les populations, en droit
de connaître toutes les vérités. Il est objectif de signaler que des actions et
des travaux ont été entrepris tant dans l'enceinte de l'université locale, que
dans le cadre de certaines associations qui se comptent sue les doigts d'une
seule main... Hélas, un plus est exigé, nous dit-on, c'est le pourquoi de
plusieurs appels interpellatifs d'où ces futures assises où «la mémoire de la
région de Sidi Bel-Abbès serait prise en charge par des jeunes chercheurs en
histoire, des personnalités connues... dans le domaine, et ce, afin de
contribuer à asseoir des balises qui permettront de mettre fin au maintien
impuni de certains mythes fondateurs qui entourent l'histoire de la région,
comme si cette dernière était née d'hier tels que l'ont été certains
chroniqueurs coloniaux relayés par d'autres créneaux». Comme préjudice relevé à
Sidi Bel-Abbès il y a de cela quatre ans et ce, après la diffusion par l'ENTV
d'une émission consacrée au phénomène de la violence communes à tous les autres
faux clichés qui ont dû porter atteinte à l'hospitalière capitale des
Béni-Ameur, Sidi Bel-Abbès et toute sa région tout en déclenchant une vague
d'indignation fort légitime... l'on est contraint de redire qu'on n'est pas
encore sorti de l'auberge. Quant au-delà des intentions des uns et des autres,
des angles sont ouverts à ce jour dans le domaine de l'histoire de la région de
Sidi Bel-Abbès combien anciennes qui a dû vivre tous les grands courants de
l'histoire du Maghreb. Sidi Bel-Abbès et sa région sont citées dans plusieurs
ouvrages de référence qui évoquent les Berbères comme premiers habitants avant
les Romains. L'attitude de révolte perpétuelle de la population berbère contre
l'occupant byzantin est un autre fait qui n'est point nouveau. A cela s'ajoute
l'avènement sur la puissance musulmane qui est une ère à faire connaître aux
générations montantes. Par ailleurs, relève-t-on, la région de Sidi Bel-Abbès
fut englobée dans les limites du Royaume kharidjite de Tihert. Au Xe siècle,
après un court intervalle sous la souveraineté des Omeyades de Cordoue, la
région tomba sous la domination des Fatimides qui détruisirent le Royaume
rustumide par l'occupation de Tihert en août 909.
Au Xe siècle, la région connut de grands
mouvements de population avec les Béni-Hilal et la domination des Almoravides,
puis en fin de siècle, la domination Almohade.
Au XIIe siècle, l'Empire almohade
s'effondra et éclata en trois royaumes. L'ouest et le centre de l'Algérie
tombèrent sous l'autorité de la dynastie Abdelwadite. Et c'est Abdelwadite
Yaghmoracen Ibn Ziane qui fit appel aux grandes tribus Hilalienes fortement
arabisées des Zmouls, Douaiss, Béni-Ameur, Bordjas, qui s'installèrent dans la
région et dont il fit les précieux alliés dans ses guerres. Néanmoins, en
entreprenant la conquête de ce beau et fertile espace qui est la région de Sidi
Bel-Abbès. Les troupes coloniales françaises ne visaient, dans un premier
stade, qu'à tirer un profit immédiat et maximal de leurs exactions... Mais
l'appétit gargantuesque qui venait en mangeant, et la soldatesque coloniale
n'en finissait pas de comptabiliser les enfumades, les destructions de tous les
vestiges et des habitations dont celles des populations autochtones des tribus
de la confrérie des Béni-Ameur, celles qui ont résisté âprement à l'occupant de
leur terres où il y avait, en plusieurs lieux, des serviteurs de l'islam morts
dans la totale sainteté que la ferveur des croyants a vénéré et auxquels, elle
a élevé des mausolées détruits par la suite par les prétendus «colonisateurs»
pour asseoir les bases d'une longue et terrible action de dépersonnalisation.
Parmi les vestiges les plus ou moins récents figurent les canaux d'irrigation,
les fontaines et autres ruines vestiges millénaires : hélas, quarante-sept ans
après l'indépendance, notre source signale avec amertume des tableaux en noir
et blanc, reproduisant quelques placettes de quartiers, certains édifices ou
carrément des scènes de vie quotidienne du début du 20ème siècle ou fin du 19è
ornent joliment l'intérieur de salon, le café de la ville leur donnant un
aspect rétro et prenant. L'on peut lire aussi des légendes en bas de tableaux,
comme par exemple : «Jour de marché au village nègre», «Mauresque lavant son
linge dans la fontaine publique». «Un Arabe faisant la sieste à même le sol»,
«kiosque à musique en fanfare», «l'Ethnographie en image et en mouvement» en
somme. Les photos en question, en clair obscure, renseignent suffisamment sur
le courant orientaliste en vogue parmi les artistes peintres et les écrivains
voyageurs de cette époque. Ces derniers voulaient se donner belle conscience à
travers l'exotisme primaire du «Bon sauvage» comme simple élément inanimé du
décor. Cette période, qui va de la fin du 19ème siècle jusqu'au début du 20ème
coïncide, en Algérie, avec la prédominance du mouvement algérianiste sous la
férule de Louis Bertrand, un catholique extrémiste. Et c'est à partir de là
que, vraisemblablement, commence le malentendu sur «Sidi Bel-Abbès qui n'a pas
su cultiver ce qu'elle a de plus profond dans les entrailles». A l'instar des
autres villes algériennes, Sidi Bel-Abbès a une histoire qui fourmille de mille
faits de singulières dates. La culture populaire de la chanson et la poésie,
qui se relaient depuis toujours de bouche à oreille, parlent d'un tout autre
Sidi Bel-Abbès plus sublimé et moins caricaturé sans nommer les choses,
interpellent cette mémoire qui a tout gardé et rien oublié. Les cafés de Sidi
Bel-Abbès, ses Hammams, ses quartiers, ses personnages hauts en couleurs, ses
saints et ses bardes, ses héros et ses sages, ses lettres, ses ministres, ses
politiques, ses ambassadeurs, ses liesses et ses malheurs : tout cela fait de
Sidi Bel-Abbès, celle de Mustapha Ben Brahim, de Boumelik, Liabès D., Adim
Fatiha et autres.. une autre ville que celle de la carte postale en noir et
blanc, conclut la même source.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : M Kadiri
Source : www.lequotidien-oran.com