Chaque année, 800 nouveaux cas d'infection par le virus du VIH sida sont recensés en Algérie. Des cas de «trop», estime le coordonnateur résident du système des Nations-Unies. Les comportements sexuels à risque, la consommation de drogue injectable et le flux migratoire imposent à l'Algérie une vigilance accrue, avertit le ministre de la Santé.Nawal Imès - Alger (Le Soir) - Avec une prévalence de 0,1%, l'Algérie est considérée comme un pays à épidémie peu active avec 11 355 cas recensés dont 1 836 cas au stade sida et 949 cas de séropositifs.
En 2017, 723 nouveaux cas ont été recensés. En moyenne, l'Algérie enregistre environ 800 nouveaux cas annuellement. Les nouvelles infections sont véhiculées par trois populations clé : les personnes s'injectant des drogues, les travailleurs du sexe et les hommes ayant des rapports sexuels avec les hommes.
Les populations dites partenaires de ces populations sont infectées à hauteur de 49%. La prévalence de l'infection chez les femmes reste plus importante en dépit des nombreuses campagnes de sensibilisation. Tout comme le reste du monde, l'Algérie s'est engagée à éliminer le sida à horizon 2030. Dans une allocution lue par son secrétaire général, le ministre de la Santé a rappelé la volonté de l'Algérie de réunir tous les moyens possibles pour renverser le processus de propagation afin de permettre au pays de s'assurer que d'ici 2020, 90% des personnes vivant avec le VIH puissent connaître leur statut sérologique, 90% d'entre eux puissent recevoir un traitement antirétroviral et d'arriver à réduire la charge virale de ces personnes afin de mettre fin à l'épidémie du sida d'ici 2030.
Hasbellaoui a fait l'éloge des politiques publiques en matière de lutte contre le sida avec un financement conséquent qui reste à 95% à la charge de l'Etat avec 17 milliards de dinars mobilisés pour le plan national.
En dépit des résultats obtenus et jugés positifs, le ministre de la Santé estime que «plus que jamais, la vigilance s'impose» notamment dans le cadre du plan national qui s'étend jusqu'à 2020 avec pour objectif de mettre fin au sida en 2030.
Le représentant de l'ONU est, quant à lui, plus nuancé. Les 800 nouveaux cas enregistrés annuellement sont des cas de «trop» qui doivent, dit-il, absolument baisser pour permettre de venir à bout de l'infection à terme.
Eric Overvest est néanmoins satisfait du taux de couverture antirétroviral qui atteint en Algérie un taux de 80% avec 15 centres de références et de traitement. Le Docteur Yamina Chakkar, directrice régionale Onusida pour l'Afrique du Nord et le Moyen-Orient qui a présenté un état des lieux dans la région Mena, a pointé du doigt la persistance de la stigmatisation dans certains pays, les difficultés d'accès au financement et les conflits qui relèguent la lutte contre le sida au second plan. Elle a mis l'accent sur la nécessité de dépister le virus mais surtout d'assurer un accès équitable aux soins.
Au plus près des personnes atteintes, les associations activant dans le cadre de la lutte contre la propagation du sida ont, quant à elles, fait état de la persistance des discriminations notamment en matière d'accès à la santé.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : N I
Source : www.lesoirdalgerie.com