
Des lycéennes et lycéens contactés ont de vagues notions sur cet historique qui, 60 ans après son assassinat, est encore de la plus brûlante actualité dans le discours actuel sur les controverses au sujet de la prétendue mission civilisatrice de la colonisation.Nos lycéennes et lycéens ont-ils toutes et tous entendu parler du glorieux chahid Mohamed-Larbi Ben M'hidi' certes oui, mais...Approchés par L'Expression dans la perspective d'un article sur sa vie, son combat, sa mort...à l'occasion du soixantenaire, samedi 04 mars, de son exécution, maquillée en suicide, par les soldats parachutistes français d'occupation lors de la «bataille d'Alger» en 1957, nos jeunes «futurs cadres de la nation» ont eu beaucoup de peine pour se souvenir des «bribes d'histoire» qu'on leur a enseignées ici et là dans leurs cours d'histoire du pays, leçons qui apparemment recèlent des manquements regrettables.Si quelques-uns savaient que Ben M'hidi était un «grand» parmi les chouhada de la glorieuse révolution de Novembre, d'autres citaient, quand ils savaient quelque chose sur lui, la fameuse artère de la capitale baptisée en son nom à l'instar de plusieurs lieux et édifices institutionnels du pays. On citera l'université d'Oum El Bouaghi, wilaya dans laquelle il est né en 1923 à Aïn M'lila, dans les Aurès. Faut-il nommer aussi Marsat Ben M'hidi, une commune de la wilaya de Tlemcen, deux lieux qui portent fièrement son nom en son honneur. D'autres lieux, différents établissements scolaires à travers tout le pays ainsi que des plages de la ville de Skikda, anciennement appelées «plages Jeanne d'Arc», portent également son nom.Cependant, d'aucuns parmi ces jeunes lycéens, des garçons surtout, se rappellent qu'il fut l'un des mem-bres du «Comité des 22» et même qu'un autre, qui citait les dires de son père, qu'il fut l'un des initiateurs, avec Abane Ramdane et Krim Belkacem, de la fameuse grève des huit jours de 1957 qui paralysa le pays et accentua l'examen de la «Question algérienne» par l'ONU dans le même temps comme plus tard les manifestations du 11 Décembre 1960 firent vibrer les vitres du siège de l'ONU à Manhattan.Sa longue et précoce carrière de militant nationaliste entamée bien avant le déclenchement de la glorieuse révolution de Novembre 1954, fut marquée par son adhésion PPA (Parti du peuple algérien), ensuite au Mtld (Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques). Il a été l'un des fondateurs du FLN en 1954, puis élément-clé de la direction de la guerre de Libération nationale après le congrès de la Soummam.Héros national incontesté de la révolution algérienne, le Jean Moulin algérien, comme aiment souvent l'appeler beaucoup d'Algériens, est arrêté en février 1957 à Alger où il dirigeait la résistance dans la «Zone autonome» à Alger. Ben M'hidi, auquel succédera à son poste, Yacef Saâdi aux côtés duquel combattait Ammar Ali dit Ali la Pointe est alors torturé puis exécuté dans la nuit du 4 mars 1957 sans «jugement» par l'armée française durant la longue bataille d'Alger.Pour le pendre, ses bourreaux vont s'y prendre à deux fois. La première fois, la corde se casse. Dans cette précision révélée par Aussaresses, Drifa Ben M'hidi, sa soeur, dit aujourd'hui trouver du réconfort. C'est à ses yeux «le signe d'une intervention divine». Dans un article publié en 2007 par le quotidien français du soir Le Monde le général Aussaresses confirme que Larbi Ben M'hidi a été pendu.L'ancien moudjahid, Mohamed Cherif Moulay, se souvient que le corps de Ben M'hidi «ne saignait pas, ne portait aucun impact de balles ni traces de sang». En revanche, dira-t-il, il avait à la hauteur du cou «une sorte de bleu rougeâtre, comme un oedème», ce qui confirme qu'il a été bel et bien pendu, jusqu'à ce que mort s'ensuive, par ses tortionnaires.Ce glorieux martyr est enterré au carré des Martyrs, au cimetière d'El Alia, à Alger.Repose en paix si Larbi...
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Abdelkrim AMARNI
Source : www.lexpressiondz.com