
«La redondance» de Samara SallamOrganisée par l'agence de photographie «Capsa vision», cette exposition réunit jusqu'au 31 octobre, les oeuvres de sept photographes à la vision des choses et des sensibilités bien diverses.Une exposition collective de photographes d'art, confrontant les visions de sept jeunes artistes sur la transmission d'émotion par l'image, a été inaugurée samedi au Centre des arts du Palais des raïs- Bastion 23 à Alger. Celui -ci abrite le travail de ces artistes tel une perle dans son écrin, tant cet espace sied parfaitement à l'univers de ces photographes. A juste titre le travail photographique de Samara Sallam est éblouissant à plus d'un titre. Sans nul doute que son installation dans cet endroit précis où l'on entend le son des vagues qui arrivent à leur rivage n'est pas fortuit. Et que pensez-vous que notre artiste montre' la mer! et oui! La thématique que Samara Sallam a choisi de dévoiler est la «redondance» tel ce ressac de nos vagues à l'âme qui viennent et partent au gré du temps. Au-delà de la beauté de la baie d'Alger qu'elle exhume c'est le quotidien avec ses changements qu'elle tend à nous faire découvrir à travers une série de clichés pris d'un angle fixe à différents moments de la journée. A ce propos elle confie: «Ce cadre est une image vivante de la ville avec tout son chaos, ses détails, ses conflits et ses visages cachés. Les images changeantes reflètent la symbolique du temps et l'essence inéluctable de la ville. Or, avec le temps, la redondance devient un outil pour tenter d'amener la vie des gouffres du temps monotone et routinier à l'esthétisme des couleurs absolues. La redondance porte deux sens contradictoires: elle est effroyable quand elle essaye de tirer la vie d'elle-même mais elle est en même temps la fenêtre qui ouvre une infinité de possibilités et de couleurs. Ces deux attributs persistent en conflit jusqu'à ce que je décide d'éteindre la caméra.«Photographe et réalisateur, Fouad Bestandji s'est attelé à travailler autour de la notion du portrait. En différents formats, de biais ou de face, seul ou à plusieurs, l'artiste interroge ce genre artistique comme une belle leçon d'esthétisme, nous donnant à voir des gens de multiples facettes, des gens du Sud, jusqu'à des badaux, rencontrés au croisement des chemins. Aussi, ses photos sont accrochées dans ce qui fut jadis la cuisine du Palais 17. Aussi, s'est-il essayé à dispatcher ses oeuvres comme des ingrédients formant l'ensemble de sa cuisine photographique avec équilibre et harmonie. «A travers cette série dédiée à la photo de portrait, je présente des photos qui ont été réalisées pour différents projets. Des portraits en divers formats, plans, couleurs... une approche à la fois intimiste et surtout non académique, émancipée de la norme des poses classiques. La photographie de portrait est un exercice difficile car la technique ne suffit pas pour obtenir des photos naturelles et spontanées. Il faut aborder son sujet avec sensibilité et travailler sur des émotions, une gestuelle et être attentif à la lumière et à l'expression d'un visage...», dit-il. Marqué par les effluves visuelles des rues d'Alger et particulièrement par les tags et graffitis sur les murs des quartiers populaires, Mehdi Boubekeur s'intéresse dans Tags à la forme d'expression artistique la plus brute et la plus accessible et qui peut dire beaucoup de choses sur nous-mêmes et notre environnement. Aussi, ces images bien incongrues témoignent de la condition socioculturelle de notre milieu qui n'est pas du tout joyeuse, mais bien révoltante par certains égards. A ce propos confie l'artiste: «Notre approche est de mettre en situation le graffiti, non seulement en tant que graphisme, mais aussi comme support d'expression ludique, revendicateur, dénonciateur, et parfois sportif. Qu'il s'agisse de symboles religieux ou politiques, ces inscriptions en disent long sur les modes de vie, les croyances ou les centres d'intérêt. Cependant, nous avons essayé de donner une autre dimension à ces expressions, en les insérant dans un cadre où la composition est faite de manière à ce qu'ils deviennent des détails complémentaires de la situation où ils se trouvent. Dans ce sens, la lecture du graffiti ne peut se faire sans l'environnement qui le contient et les interactions autour. Le mur qui en est le support, ainsi que le lieu où il se trouve et les personnages qui gravitent autour, deviennent des paramètres essentiels à l'appréhension d'un ensemble interdépendant. Dans cette série, intitulée «Tag nous ne nous sommes penchés que sur l'aspect brut, libre et engagé de cette forme d'expression, dans l'optique de mettre en avant la corrélation entre l'humain et sa trace dans l'espace et le temps «. Une autre collection, en noir et blanc cette fois et intitulée Voyage en train signée Mokkedem Houssam. L'originalité de ses photos réside dans le fait qu'elles ont été prises à l'intérieur du train. L'on remarquera cela à travers le reflet ou tache sur la fenêtre qui transparaît sur l'image, par quelques endroits. Il s'agit pour le jeune photographe d'un voyage en train. «Le temps d'une journée plongée dans ce quotidien partagé par ces 22 clichés qui défilent en racontant ce que mon oeil a croisé le temps de cette croisée qui n'a duré qu'un peu plus de 4h.» Samir Abchciche quant à lui, présente des extraits d'une vidéo en cours de réalisation, dans laquelle le photographe y'a immortalisé la vieille maison de ses parents tombée en ruine. Celle-ci se trouve dans un village sur les hauteurs de Beni Yenni, en 2014... Accompagnant ces arrêts sur image un enregistrement audio issu d'une cassette numérisée, remontant au début des années 1980, de laquelle on peut entendre des conversations entre les membres de sa famille. Entre le son et l'imaginaire il n'y a qu'un pas pour raviver les souvenirs et faire parler le passé de ces images qui surgissent telle une fulgurance d'éclair dans le ciel. Pour info, l'exposition 7x7 se poursuit au Palais 17 du Centre des arts du Bastion 23 jusqu'au 31 octobre. Elle vaut le détour.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : O HIND
Source : www.lexpressiondz.com