Alger - Revue de Presse

SELON LES SPÉCIALISTES DANS LE SÉCURITAIRE



Al Qaîda réoriente le djihad d’Irak vers l’Algérie
Il y a lieu de s’interroger sur le pourquoi de cette réorientation de stratégie? Pourquoi c’est l’Algérie qui est visée par cette nouvelle flambée terroriste? Al Qaîda a-t-elle trouvé en Algérie son champ de bataille de prédilection? La dernière série d’attentats kamikazes sanglants qui avaient pris pour cibles des civils innocents, positionnent l’Algérie comme terrain approprié des actions des groupes terroristes armés. Plusieurs experts et analystes dans le domaine sécuritaire estiment qu’Al Qaîda réoriente ses attaques d’Irak, où la nébuleuse islamique est en train de perdre la guerre, et d’Afghanistan vers l’Algérie.Les mêmes experts expliquent que les difficultés que rencontre cette organisation en Irak seraient à l’origine de ce changement de stratégie et de cible. Ils argumentent encore par le fait que le recours aux attaques kamikazes portait la touche de la mouvance islamiste d’Oussama Ben Laden. L’utilisation des motos, des voitures bourrées d’explosifs, des ceintures explosives, de bombes déclenchées à distance ou encore de kamikazes s’explosant au milieu de rassemblements sont autant d’actions popularisées par le terrorisme en Irak et parfaitement étrangéres à l’Algérie. Même lors des années de la tragédie nationale, jamais les groupes armés n’ont eu recours à ces stratégies barbares. Ali Laïdi, de l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris) à Paris, a donné comme analyse à l’AFP, à savoir que la nébuleuse islamiste «déploie un activisme profond en Algérie» afin de «compenser la perte du front irakien» où l’organisation «est en train de payer les erreurs d’Abou Mossaâb al Zarqaoui», son ancien chef dans ce pays, tué en 2006 par l’armée américaine. Pour Abderahmane Moussaoui, anthropologue spécialiste de la violence en Algérie, «Droukdel et ses combattants tentent de prendre la place qu’a occupée un moment Zarqaoui et ses hommes en Irak». La même source affirme: «L’Aqmi cherche une reconnaissance géopolitique dans le cadre de cette confrontation entre Islam et Occident.»Louis Caprioli, ancien patron de l’antiterrorisme français, a fait remarquer de son côté que Droukdel a réussi à donner à ses groupes armés du Gspc, une dimension internationale. Droukdel «a sorti l’ex-Gspc (ancêtre de l’Aqmi) de son environnement purement national et a essayé de conférer une dimension internationale à son combat, de légitimer les massacres qu’il commet dans un djihad global». Une experte américaine a expliqué, jeudi dernier, à un confrère que «la relation qui existe entre les groupes algériens et ceux d’Al Qaîda dépasse largement les liens idéologiques et logistiques. Les deux organisations partagent une stratégie commune». Elle argumente son propos par le recours aux attaques kamikazes, après l’allégeance du Gspc à la nébuleuse d’Oussama Ben Laden.A la lumière de ses explications, il y a lieu de s’interroger sur le pourquoi de cette réorientation de stratégie? Pourquoi est-ce l’Algérie qui est visée par cette nouvelle flambée terroriste? Tout en sachant qu’on parle du mouvement d’Al Qaîda au Maghreb islamique. L’Algérie ne constitue pas, bien évidemment, à elle seule le Maghreb. Cherche-t-on à donner aux hommes de Droukdel une dimension internationale dont ils ne jouissent pas? Car d’autres spécialistes estiment que le recours aux attaques kamikazes est un signe de faiblesse des groupes armés. Ils soulignent que ces attaques sont une preuve tangible des échecs continuels que subit l’organisation en Algérie.Les mêmes experts estiment que cette vague de violence ne paraît pas en mesure de menacer le pouvoir. Aux yeux de ces derniers, la situation sécuritaire actuelle en Algérie est très différente de celle qu’a connue le pays dans les années 1990. «Même s’ils sont toujours animés par un idéal politico-religieux et veulent instaurer un califat, les membres de l’Aqmi n’auront jamais les capacités pour renverser le pouvoir», estime M.Caprioli dans une analyse à l’AFP. Revenant sur l’allégeance du Gspc à Al Qaîda, M.Laïdi l’a qualifiée d’«erreur stratégique» des groupes armés algériens. Selon l’analyste «avant, ils étaient un problème algérien. En faisant allégeance (à un groupe terroriste international), ils sont devenus une part d’un problème mondial qui touche Londres, Madrid, l’Afghanistan». Cette situation met, en revanche, l’Etat algérien dans une meilleure position. Et de conclure que l’Etat algérien n’est plus menacé «parce qu’il a acquis de l’expérience dans la lutte contre le terrorisme, il a un soutien de plus en plus franc de la population et une reconnaissance internationale».
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