Le Maroc s'intéresse au gaz algérien. C'est en tout cas ce qu'a indiqué, hier à Oran, le ministre de l'Energie et des Mines, M. Chakib Khelil, lors d'une conférence de presse tenue en marge du lancement officiel de la deuxième session hebdomadaire des workshops du «Safe Behaviour Programme» au Sheraton d'Oran.
Selon M. Khelil, le Maroc a formulé une demande à l'Algérie pour l'achat d'une quantité de 1 milliard de m³ de gaz par an, par la voix de sa ministre de l'Energie, Mme Amina Benkhadra et ce, à l'occasion de la 8ème session du Conseil maghrébin des ministres de l'Energie et des Mines, tenue au début du mois de juillet en cours à Alger. M. Chakib Khelil a noté, au passage, que le Maroc, grâce à des contrats qui le lient avec la compagnie espagnole Gas Natural, bénéficie déjà d'une part de 8% du gaz algérien qui transite par son sol vers l'Espagne, ce qui représente, selon le ministre, un volume qui avoisine les 800 millions de m³. Le voisin marocain, a précisé M. Khelil, avait, auparavant, toujours préféré prendre l'équivalent du quota de gaz qui lui revenait de droit auprès de Gas Natural, en valeur monétaire, optant souvent pour d'autres énergies comme le charbon ou le fuel. Mais depuis l'année dernière, le Maroc a commencé a utiliser le gaz algérien pour ses besoins, a ajouté M. Khelil. Un choix qui traduit vraisemblablement un changement de stratégie de la part du Maroc qui, finalement, semble avoir pris conscience plus que jamais auparavant, des avantages qu'offre le gaz par rapport à d'autres énergies.
Sur un autre plan, et en réponse à une question sur le projet MEDGAZ qui permettra l'acheminement du gaz algérien par voie sous-marine vers l'Espagne, M. Chakib Khelil a indiqué que la station de compression de Béni-Saf est sur le point d'être achevée. Les Espagnols, a-t-il dit, ont, de leur côté, bien avancé dans les travaux. Tout le projet, y compris les pipes sous-marins, sera livré en mars 2009. S'en suivra, a-t-il expliqué, une période d'essai pour, éventuellement, procéder aux réglages qui s'imposent. L'exportation effective du gaz algérien, à travers ce nouveau gazoduc, devrait se faire vers la fin de 2009, a-t-il annoncé. Evoquant la question relative aux prévisions d'une forte augmentation de la demande pour les 10 prochaines années, que des pays consommateurs avancent souvent pour appeler à une augmentation de la production, le ministre de l'Energie et des Mines dira que les prévisions ne sont pas totalement justifiées. « La demande en hydrocarbures ne va pas beaucoup augmenter dans les prochaines années, car il y aura le bio-éthanol. Cette augmentation de la demande s'explique, a-t-il dit, par les demandes grandissantes de la Chine, l'Inde et le Golf. Cette augmentation se fera selon une moyenne de 1 million à 1,5 million de barils chaque année. Elle sera donc comprise entre 4 et 7 millions de barils pour les 5 prochaines années, a-t-il expliqué.
Pour ce qui est de la flambée des prix du pétrole sur le marché international, M. Chakib Khelil dira qu'elle est étroitement et strictement liée à la chute vertigineuse de la valeur du dollar et aux problèmes géopolitiques, notamment la crise du nucléaire iranien. A long terme, a-t-il encore estimé, la crise économique aux USA aura aussi des répercussions négatives sur le prix du pétrole.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : H Barti
Source : www.lequotidien-oran.com