Alger - Revue de Presse

Sécurité de l’Europe



L’Algérie, incontournable Dans un rapport sur les intérêts énergétiques de l’Europe, la commission du Conseil Européen a déclaré que «la sécurité énergétique de l’UE peut être améliorée grâce à la diversification des sources d’énergie, de leurs origines géographiques et des routes commerciales»… Détail important: le document démontre l’importance de l’Algérie dans ce cadre. Selon ce rapport, en 2004, l’Algérie a fourni 10% de la demande européenne de gaz. Il identifie également une stratégie capable de renforcer ces relations commerciales grâce à un partenariat énergétique stratégique entre l’UE et l’Algérie. Son plus vaste gisement de gaz étant estimé à 3,04 milliards de mètres cubes, l’Algérie peut largement contribuer à approvisionner l’UE en énergie pour les années à venir. Dans le même temps, les exportations de produits non pétroliers ont augmenté de 9,35% par rapport aux six premiers mois de l’année 2005 et avoisinent les 538 millions de dollars. Une hausse importante toutefois mise au second plan par l’exceptionnelle croissance du prix des hydrocarbures. La Banque d’Algérie souligne dans un récent rapport l’importance du travail effectué depuis cinq ans au niveau macro-économique: contrôle de l’inflation, réduction de la dette extérieure et soutien de la croissance ont assuré la stabilité de l’économie du pays. Elle affirme toutefois que la «dépendance vis-à-vis des revenus pétroliers et gaziers rend le budget de l’Etat vulnérable à d’éventuels chocs extérieurs sur le moyen et long terme». Les revenus fiscaux liés au secteur des hydrocarbures (73,6% des revenus totaux de l’Etat en 2005 contre 66,6% en 2004), sont en effet déterminants dans le budget de l’Etat. Diversifier l’économie nationale apparaît donc comme un défi de taille. L’Algérie prévoit par ailleurs d’augmenter son rendement pétrolier, estimé en 2005 à 1,8 million de barils par jour (bpj), pour atteindre 2 millions de bpj en 2010. Avec 12,46 milliards de barils de réserves de pétrole, des objectifs de hausse de la production et des prix actuellement élevés dans le secteur des hydrocarbures, l’Algérie semble bien partie pour tirer profit de cette position stratégique et bénéficier d’un excédent commercial historique. A noter que selon les chiffres rendus publics tout récemment par le Centre national de l’informatique et des statistiques des douanes, l’Algérie a enregistré un excédent commercial de 15,28 milliards de dollars lors des six premiers mois de l’année 2006, en hausse de 41% par rapport à la même période de l’année dernière… L’Algérie, qui exporte du pétrole et du gaz, avait enregistré en 2005 un excédent commercial de 24,4 milliards de dollars, ce qui représentait déjà une hausse exceptionnelle de 74% par rapport à l’année précédente. Cette performance est principalement liée à la forte hausse de la valeur des exportations, ainsi qu’à une légère baisse des importations. Durant la première moitié de l’année 2006, les exportations algériennes ont atteint 25,67 milliards de dollars et les importations 10,39 milliards de dollars. La valeur des exportations a augmenté grâce à la hausse du prix du pétrole, qui a brièvement atteint 78 dollars le baril la semaine dernière avant de se stabiliser autour de 70 dollars. Cette hausse s’est doublée d’une augmentation sans précédent de la demande mondiale qui profite aussi à l’Algérie. Les chiffres montrent que la valeur des ventes de pétrole et de gaz (25,13 milliards de dollars) a progressé de 18,6% et représente 97,9% des exportations totales du pays, qui ont elles-mêmes augmenté de 18,39% par rapport au premier semestre 2005. Les revenus pour la seconde moitié de l’année devraient être encore plus élevés du fait de l’envolée du prix du gaz. L’estimation des exportations de gaz se base en effet sur une moyenne des six premiers mois, durant lesquels les prix ont été plus élevés que prévu. Les deux prochains trimestres devraient donc rapporter gros. L’année dernière, Sonatrach a annoncé des revenus de 50 milliards de dollars et est devenue, en tant que deuxième exportateur de gaz naturel liquéfié au monde, un acteur crucial sur le marché européen. Après déduction des paiements destinés à ses partenaires et au Trésor public, l’entreprise utilisera ces revenus historiques pour financer une partie de ses projets de développement de pipelines sans recourir à des prêts étrangers. Ces projets comprennent deux pipelines reliant l’Algérie au continent européen qui, selon le North Africa Journal, coûteront 1,3 milliards de dollars à Sonatrach et à ses partenaires, les Espagnols CEPSA et ENDESA, l’Italien ENI, le Britannique BP et les Français Total et Gaz de France. Une fois achevé, le premier pipeline rejoindra la France via l’Espagne et augmentera de manière conséquente les parts de marché de Sonatrach sur ces marchés européens stratégiques. Un second pipeline entre l’Algérie et l’Italie est également programmé. Les récents efforts de l’Union Européenne en vue de diversifier ses importations d’énergie bénéficieront à l’Algérie sur le court et le moyen terme, en maintenant la croissance et les prix. La diversification des sources d’énergie est un moyen pour l’UE de sécuriser son approvisionnement. Réda Amarni
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