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Secteur industriel public



Secteur industriel public
La hausse des salaires et des charges sociales a influé négativement sur l'activité des entreprises industrielles publiques en 2013. Seulement 36% des crédits d'investissements publics ont été consommés.Chérif Bennaceur - Alger (Le Soir)L'Etat a fait des efforts mais ne pourra continuer, ad eternam, d'injecter plus d'argent pour le redressement et le développement des entreprises industrielles publiques. L'assertion émane du ministre du Développement industriel et de la Promotion de l'investissement qui a présidé hier, une réunion d'évaluation des activités des 14 Sociétés de gestion des participations de l'Etat (SGP) relevant de son secteur. La relance du secteur industriel public est liée à de «l'efficacité», une exigence selon Amara Benyounès qui invite, ce faisant, les entreprises à ce qu'«elles travaillent».10 milliards de dollars accordés au secteur publicEt ce dans la mesure où l'Etat a consenti ces dernières années l'équivalent de 10 milliards de dollars au profit des entreprises publiques en contrepartie de résultats concrets. Certes, des plans de développement ont été lancés au niveau des 248 entreprises relevant des SGP et des quatre groupes et entreprises non affiliées. Egalement, d'importants partenariats ont été engagés entre plusieurs sociétés publiques et de grands leaders étrangers, notamment par concours publics.Des résultats mais aussi de nouvelles mesures attendusA ce propos, Amara Benyounès a estimé que des résultats sont attendus à court et moyen terme, citant notamment les divers projets automobiles lancés avec des constructeurs européens.De même, des résultats concrets dans la mise en œuvre des plans de développement sont attendus dès cette année, relèvera le directeur général du secteur public marchand au ministère du Développement industriel. Voire, de nouvelles mesures sont attendues selon Amara Benyounès, faisant état d'un rapport qui sera présenté prochainement au Conseil des participations de l'Etat (CPE). Et ce dans le contexte où d'autres programmes de développement seront lancés dès cette année et jusqu'à l'horizon 2017.Comme l'on évoque également une démarche ciblée qui sera lancée dès la semaine prochaine, sous l'égide des SGP et dans le cadre de la la promotion du produit national.Cette démarche vise la canalisation des demandes actuelles/urgentes vers les entreprises nationales pour conclure des contrats de gré à gré ainsi que la consolidation si nécessaire du dispositif réglementaire en cours.Dans cet ordre d'idées, le ministre du Développement industriel observera que plusieurs produits locaux, dans l'électronique notamment, sont de qualité et répondent aux normes et standards internationaux mais subissent des méventes. Ce que Amara Benyounès imputera à un déficit en matière de stratégie commerciale et qu'il appellera, ce faisant, à compenser.La mise sous perfusion inopérante !Toutefois, les nombreuses statistiques présentées hier par le directeur de la Société d'études économiques d'analyse financière et de l'évaluation financière et de l'évaluation prospective (ECOFIE), démontrent que la mise sous perfusion du secteur public industriel est, certes, nécessaire mais globalement inopérante. Ainsi, la hausse des salaires et l'augmentation des charges sociales ont «influé négativement» sur l'activité mais aussi sur les résultats financiers de certaines entreprises du secteur industriel.Sans expliciter cet impact même s'il évoque une croissance de 1,7% des effectifs en 2013 (création de 700 nouveaux postes), le responsable de l'ECOFIE cite toutefois le cas de la Société nationale des véhicules industriels (SNVI).Celle-ci a ainsi bénéficié de 62 milliards de dinars de concours publics, dans le cadre de son programme de développement quinquennal mais affiche cependant un découvert de 5 milliards de dinars en 2013. Voire, les charges sociales de la SNVI représentent le double de sa productivité, indique-t-on. D'autres entreprises de production de biens de consommation (produits électroniques et électriques...) affichent des résultats en recul, à la différence des entreprises de production de biens intermédiaires. Et cela même si le secteur industriel public a réalisé un chiffre d'affaires de 340 milliards de dinars, en progression de 18%, ainsi qu'une amélioration de 13% de la valeur ajoutée.Les crédits octroyés peu consommés ou remboursésNéanmoins, l'on indique que seulement 36% des crédits d'investissement accordés aux entreprises publiques ont été consommés.Ce niveau s'explique partiellement par les contraintes rencontrées dans la mise en place des lignes de crédits, les lenteurs dans la notification, par le Trésor, des décisions d'assainissement, les contraintes liées au code des marchés publics, le retard dans l'obtention des actes administratifs, le manque de maturation de certains projets et une mauvaise estimation des besoins de financements.Rappelons qu'une enveloppe globale de 436,76 milliards de dinars a été accordée, sous forme de crédits à taux bonifiés, pour la mise à niveau des entreprises, la réhabilitation des équipements et le développement (134,44 miliards de dinars pour la réhabilitation, près de 298 milliards pour le lancement de nouveaux projets et 4,46 milliards de dinars pour la formation). A ce titre, l'on indique que seulement 16% des crédits octroyés ont été remboursés. Relevons également que les entreprises publiques ont bénéficié de 314,47 milliards de dinars pour le rachat des découverts ou leur transformation en crédits à long terme, l'effacement des autres dettes quand celles-ci sont détenues par l'Etat (dettes fiscales, domaniales...), l'octroi de crédits bonifiés pour la prise en charge d'autres dettes (dettes parafiscales, dettes fournisseurs, injection de trésorerie pour la reconstitution des fonds de roulement...).Une enveloppe de 2,82 milliards de dinars a été aussi accordée à certaines entreprises (crédits à taux bonifiés ou dotations définitives) pour financer les départs volontaires et les départs en retraite.


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