Le constat établi par la Fédération algérienne des personnes handicapées est sans appel : l'école algérienne est discriminatoire et non inclusive. Ni les structures du secteur de l'éducation ni encore moins les programmes ne sont adaptés aux enfants aux besoins spécifiques.Nawal Imès - Alger (Le Soir) - L'accès à l'école pour les enfants vivant avec un handicap est un long parcours du combattant. Et pour cause, ni lors de la construction des établissements scolaires ni lors de l'élaboration des programmes, la problématique du handicap n'a été prise en compte. Résultat : le système est discriminatoire et non inclusif. Il ne prévoit pas de place pour la différence en l'absence d'une volonté politique d'intégrer les enfants en situation de handicap et de celle de leur offrir des programmes adaptés à leur conférence.
Le diagnostic est sans concession. Aucun système de suivi et d'évaluation de l'élève en situation de handicap n'a été prévu sans compter les carences de personnel pouvant accompagner les enfants. En diagnostiquant la situation de trente élèves au niveau de la wilaya d'Alger, la fédération a élaboré des recommandations dans le cadre d'un projet de plaidoyer pour l'accès à l'éducation pour tous. La liste de ces dernières est longue et apporte la preuve que le chemin est encore long.
La fédération propose d'établir le métier d'auxiliaire de vie scolaire pour faciliter l'autonomie des enfants à l'école, d'élaborer un plan national d'accessibilité avec des classes et des sanitaires au rez-de-chaussée.
La fédération insiste sur la nécessité d'assurer au niveau des établissements scolaires la disponibilité de matériel pédagogique adapté notamment des logiciels spécifiques, des claviers en braille et des tables adaptées. Elle appelle le ministère de l'Education à assurer lors des examens l'assistance aux personnes vivant avec un handicap en enrichissant la circulaire qui réglemente l'organisation des examens pour les handicapés. Elle appelle les ministères de l'Education nationale et de la Solidarité à enrichir la convention sur la gestion des classes intégrées.
Ce que déplore la fédération, c'est l'absence de projet global de contrat individuel sans compter l'absence de toute obligation d'intégrer les enfants en situation de handicap dans les crèches.
Cela devrait, estime cette même fédération, être inclus dans le cahier des charges.
Toute la problématique de la prise en charge du handicap, affirme Mme Atika Mammeri, présidente de la FAPH, réside dans l'approche. Il est temps, dit-elle, de sortir de la vision basée uniquement sur la charité pour arriver enfin à une véritable prise en charge de la problématique du handicap en réhabilitant des métiers actuellement marginalisés tels que les ergothérapeutes qui peinent à trouver leur place au sein du schéma de prise en charge.
Pire encore, l'absence de tout projet d'établissements qui ont fini par transformer les centres spécialisés en véritables ghettos dans lesquels les enfants ne bénéficient pas d'un accompagnement leur permettant de mettre en place un véritable projet, ce qui fera dire à Mme Mammeri que la situation est «catastrophique».
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : N I
Source : www.lesoirdalgerie.com