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Scènes de liesse à Alger



L'annonce, hier soir, du retrait du président de la République a été fêtée comme il se doit, en soirée, par des milliers d'Algériens, qui, depuis exactement 40 jours, battent le pavé chaque vendredi, pour réclamer et son départ et celui du régime qu'il incarne.M. Kebci - Alger (Le Soir) - L'on ne se souvient pas que Abdelaziz Bouteflika a eu droit à une effervescence populaire lors de son élection, pour la première fois, le 15 avril 1999 et encore moins lors de ses réélections en avril 2004, avril 2009 ou encore en avril 2014, comme celle qu'a suscitée son départ «sans gloire» hier soir. «C'est le propre des personnages assoiffés de pouvoir», affirmait, hier, vers 22h, une vieille dame, drapeau national en bandoulière, sortie en famille fêter comme il se doit cette victoire.
Une «première bataille gagnée», renchérit un jeune qui criait à tue-tête, en compagnie d'un groupe de ses amis, au niveau de la Grande-Poste prise d'assaut comme sa jumelle d'à côté, la place Maurice-Audin, par des centaines de citoyens de tous les âges et des deux sexes. Car pour cet ingénieur en informatique au chômage depuis deux ans, «le combat n'est pas encore totalement gagné puisqu'il s'agira de faire aboutir l'autre doléance phare du mouvement populaire du 22 février, à savoir le départ du régime en place et notamment la bande qui s'est enrichie sur le dos des millions d'Algériens». D'où, d'ailleurs, l'un des slogans fétiches de cette révolution tranquille qui a ébahi aux quatre coins de la planète par le pacifisme, la solidarité, la convivialité et bien d'autres facettes qui l'ont caractérisée, a été repris, encore hier. «Qu'ils dégagent tous», prenaient-ils plaisir à entonner ces centaines de jeunes en folie qui avaient tenu à rééditer le rituel itinéraire avenue Pasteur-tunnel des Facultés, place Maurice-Audin/rue Didouche-Mourad puis jardin Khemisti, en face de la Grande-Poste. Comme pour signifier on ne peut plus clairement que l'heure est désormais à la vigilance, comme le dira en communion un groupe de jeunes croisés à la rue Hassiba-Ben-Bouali. «Maintenant que l'article 102 de la Constitution relève du passé, place maintenant aux deux autres dispositions dudit texte, à savoir les articles 7 et 8 car il n'est pas question que cette formidable révolution soit dévoyée de son cours», lâche Mohamed, artisan-pâtissier à Belcourt, qui promet de maintenir la mobilisation lors du désormais rituel du vendredi jusqu'à l'ultime phase de cette révolution, à savoir la consécration de la souveraineté populaire et faire table rase de la triste ère de la fausse démocratie ayant régné depuis 1989».
Il faut signaler que ces scènes de liesse des Algérois, qui en groupes, qui en famille et qui en voitures, se sont poursuivies jusqu'à une heure tardive de la nuit d'hier.
M. K.
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