Le ministre de la Santé vient de dévoiler son plan de lutte contre la quatrième vague de Covid-19. Pas question que tous les hôpitaux soient réquisitionnés pour accueillir les malades Covid. Abderrahmane Benbouzid, qui a donné carte blanche aux DSP pour agir, a demandé à ce qu'il y ait des hôpitaux et des services dédiés au Covid. Une mesure saluée par les syndicats qui estiment que cela va, au moins, diminuer les contaminations interprofessionnelles.Salima Akkouche- Alger (Le Soir) - Le ministère de la Santé est en alerte. Et il y a de quoi puisque, ce lundi, l'Algérie a, une fois de plus, dépassé la barre des deux cents nouvelles contaminations au Covid. Le nombre des hospitalisations, qui a atteint 2 800 patients, commence également à inquiéter. Pour éviter le scénario de l'été dernier, le ministre de la Santé a décidé de prendre les choses en main et de mettre en place un plan de lutte.
Ce lundi, Benbouzid a réuni l'ensemble des directeurs de la santé de wilaya, par visioconférence, pour leur donner une série de mesures et de recommandations en prévision d'éventuels développements de la situation sanitaire.
Le ministre change de stratégie en matière d'hospitalisations et décide de centraliser celles-ci. Pas question que les personnes contaminées soient éparpillées dans les différents hôpitaux. Mais il y aura des hôpitaux dédiés. Qu'en pensent les syndicats ' Les avis sont mitigés.
Le Syndicat national des praticiens de santé publique applaudit, puisque, dit-il, la mise en place d'hôpitaux dédiés était l'une des propositions du syndicat depuis le début de la pandémie en 2020 et aussi l'une des recommandations faites lors de la journée d'évaluation de la gestion de la pandémie, organisée par le ministère de la Santé en novembre dernier. «C'est la meilleure façon pour pouvoir mieux s'organiser», estime le docteur Lyes Merabet.
La gestion auparavant, rappelle-t-il, n'a pas permis de prendre en charge les autres pathologies. «Nous avons délaissé et laissé beaucoup de malades en attente lors de la 3e vague, puisque tous les hôpitaux étaient réquisitionnés pour le Covid», souligne le président du SNPSP.
À travers cette mesure, souligne le docteur Merabet, on pourra identifier les structures spécialisées destinées à la prise en charge de la pandémie, que ce soit en matière de dépistage, d'exploration, d'hospitalisation ou de suivi. Il sera également, souligne-t-il, plus facile d'identifier les équipes médicales et paramédicales habilitées à toucher la prime Covid puisque tel que c'est organisé actuellement, c'est très compliqué. Mieux, cette mesure, estime le syndicaliste, va permettre de casser la chaîne de transmission et de diminuer le phénomène de la contamination interprofessionnelle.
Le Syndicat national des enseignants hospitalo-universitaires (Snechu) rappelle que son syndicat a fait quatre propositions, au début de la pandémie, à la tutelle pour gérer la situation sanitaire. La création d'hôpitaux dédiés figure parmi ces propositions, a souligné le professeur Rachid Belhadj, président du syndicat. Cette mesure, dit-il, allait harmoniser la prise en charge et éviter que les gens se déplacent d'une structure sanitaire à une autre.
«Nous avons proposé aussi de dédier des hôpitaux régionaux, mais on s'est rendu compte que nous n'avons pas de structures qui pouvaient absorber en moyenne 300 ou 400 malades par région. Il y a eu également l'idée de dégager des hôpitaux au niveau local, mais dans certaines localités, il y a un seul hôpital, donc on ne pouvait pas désigner un hôpital de daïra, d'autant que la plupart ne sont pas dotés de suffisamment de moyens. On s'est dit que seuls les CHU pouvaient prendre réellement en charge les malades, en matière de nombre de lits et de moyens. Cependant, réserver un CHU pour le Covid va pénaliser l'activité de formation et ça va se faire aussi au détriment des autres activités. Nous avons, alors, proposé la création d'un observatoire Covid au niveau du ministère de la Santé qui aura la capacité de coordonner avec les directeurs des équipes médicales et paramédicales pour gérer les autres activités », a déclaré Rachid Belhadj qui opte également pour la mesure d'installation d'espaces dédiés sous forme d'hôpitaux mobiles de crise en accompagnant, par des mesures incitatives, le personnel médical et paramédical.
Malheureusement, souligne le chef de service de médecine légale au CHU Mustapha, «à chaque fois qu'il y a de la bonne volonté, on est vite rattrapé par les défaillances de notre système de santé, que ce soit en matière de ressources humaines, de formation, d'organisation ou de moyens matériels».
S. A.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Salima Akkouche
Source : www.lesoirdalgerie.com