
On en arrive presque à maudire le jour où l'on est tombé malade, quand on se met à arpenter les couloirs des différents hôpitaux, espérant un soulagement de nos maux. Ces derniers sont d'ailleurs souvent aggravés par la longue attente, le mauvais accueil et la mauvaise prise en charge.Au service de la radio centrale à l'hôpital Mustapha-Pacha, ce sont des centaines de femmes venues de partout qui attendent chaque jour leur tour pour passer une mammographie ou une échographie. «Nous avons un seul appareil, et un seul médecin pour interpréter les radios», réplique une assistante médicale du service à une patiente pressée qui voulait rejoindre son travail. Au service d'ophtalmologie, les malades sont contraints d'attendre depuis plus d'un mois pour effectuer une chirurgie urgente, l'équipement étant en panne. Nadir d'Alger (44 ans) et Khadidja de Sétif (60 ans) ont été obligés à chaque fois de rebrousser chemin en attendant une meilleure prise en charge. «J'ai attendu 3 mois pour que je puisse enfin être opéré», se lamente cet homme atteint à la base d'un décollement de la rétine de son ?il gauche. Même son de cloche au service de chirurgie maxilo-faciale, où de nombreux malades attendent des heures devant l'entrée du service. «Je suis venu de Médéa exactement de Sidi-Aïssa pour soigner ma fille. Malheureusement. Je suis sortis à 3 heure du matin pour qu'en fin de compte mon rendez vous soit reporté à nouveau», se plaint un patient. Même calvaire vécu par un père de famille venu de Tizi Ouzou?: «Ma fille est programmée aujourd'hui pour subir une petite chirurgie dentaire, mais son rendez-vous a été annulé. Je crains que ce sera la même chose lors de la semaine prochaine alors que j'ai tout calculé pour que son hospitalisation coïncide avec les vacances scolaires.» La plupart des malades ont subi le même sort et ont été obligés après des heures d'attente de rebrousser chemin, en réfutant cette mauvaise prise en charge récurrente. «Si ce n'est le va et vient, je ne serais pas amputé de ma jambe», a regretté un malade hospitalisé à l'hôpital de Aïn Taya. Bien entendu, ce malade n'est pas le seul à avoir subi ce sort, il y a des milliers de victimes comme lui. Le cas d'un vieil homme qui se soigne à l'hôpital de l'armée de Kouba est choquant. «Les médecins m'ont dit après plusieurs navettes pendant cinq mois qu'ils ne peuvent rien faire contre ma maladie? rien que pour les résultats d'une biopsie, j'ai attendu au moins un mois», se désole-t-il. Au service gynécologie-obstétrique et dans pratiquement tous les hôpitaux d'Alger, les femmes sont généralement très mal accueillies. «Je suis traumatisée à cause des agressions que j'ai subies alors que j'ai subi trois examens à la fois, frottis, biopsie, curetage à vif», se plaint une malade. «Nous travaillons sous pression en raison du nombre important de malades», justifient généralement les gynécologues. Même prétexte avancé par la plupart des praticiens de la santé pour justifier l'injustifiable. «Nous n'avons pas suffisamment de places et de lits, on prend uniquement les grands malades», argumentent les professeurs. Entre manque de volonté, de moyens, d'équipement, le malade livré à lui-même, est obligé de faire des va et vient ou à solliciter plusieurs intervenants pour régler son problème de santé.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Samia Lounes
Source : www.infosoir.com