Face à un environnement socioprofessionnel «très délétère», et devant une
longue attente d'une hypothétique amélioration des conditions de travail, les
psychologues ont fini par perdre patience. Dans une plate-forme adressée au
ministère de la Santé, où figurent onze points de revendication, le syndicat
des psychologues, dont l'effectif global s'élève à 1.437 adhérents sur le
territoire national, monte au créneau en exigeant «une prise en charge sérieuse
de leurs préoccupations, ou a contrario ce sera le recours à la grève illimitée
au bout de ce mois de février», a menacé avant-hier le président du syndicat
des psychologues, M. Keddad Khaled, lors du renouvellement des membres de la section
syndicale à Constantine.
En marge de cette rencontre locale, le président du syndicat des psychologues
nous confiera que «l'option de la grève était programmée il y a déjà près d'un
mois, et qu'elle n'a été différée que suite à la tragédie vécue par les
Palestiniens à Ghaza».
Ajoutant dans ce contexte «qu'entre-temps, le ministre de la Santé Saïd
Barkat a promis de donner suite aux revendications des psychologues au courant
de ce mois de février, chose qui nous oblige encore à reporter notre action de
protestation».
Mais, il fait relever que le ministre de la Santé se trouve confronté à
une montagne de problèmes soulevés par les nombreux syndicats du secteur, qui
chacun y va de ses propres revendications... en attente de règlement depuis que
Tou occupait le fauteuil du département de la santé. «La Santé connaît les
pires difficultés pour sortir du marasme des statuts particuliers de chaque
corps relevant de sa tutelle, constituant un véritable casse-tête pour Saïd
Barkat», nous a-t-on confié auprès de la fonction publique, chargée au bout de
l'effort de valider les différents classements et les points indiciaires du
personnel. A ce sujet, «les psychologues revendiquent un classement à l'échelle
13 en lieu et place de l'échelle 12, retenue dans le projet du statut des
psychologues». En sus, les concernés «exigent la mise en place d'un système de
paiement des indemnités selon les conditions spécifiques de l'activité du
psychologue». Sur un autre plan, les revendications syndicales sont axées sur
«la politique du recrutement adoptée par le ministère de tutelle, qui prévoit
sur le moyen terme la création de 30.000 emplois, sans pour autant inscrire le
moindre poste pour les psychologues (! ?)», mentionne la plate-forme des
revendications. «Quelle part réserve-t-on à la santé psychique du citoyen ?»,
s'interrogent avec inquiétude les syndicalistes. Toujours dans ce cadre de la
prise en charge des patients, les syndicalistes soulèvent avec acuité l'absence
d'un équipement adéquat au niveau des salles de visite (ou d'auscultation)
psychologique. «La note ministérielle n°001 datée du 16 mars 2008, recommandant
aux établissements de santé de s'équiper en matériel spécialisé, n'a été que
d'un effet dérisoire, car sur les 400 établissements du pays, seuls 17 ont pris
les mesures nécessaires, procédant à l'achat d'équipements spécialisés auprès
des deux seuls fournisseurs en activité en Algérie», souligne le président du
syndicat des psychologues. «Si l'on persiste dans cette indifférence, le
recours à l'action musclée est inévitable», préviennent en conclusion les
syndicalistes.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : A Zerzouri
Source : www.lequotidien-oran.com