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Sans Bouteflika, l'Algérie réussit bien à un Erdogan contesté en son pays



Sans Bouteflika, l'Algérie réussit bien à un Erdogan contesté en son pays
Manifestations en Turquie, absence du président Abdelaziz Bouteflika en Algérie. Malgré de très bonnes relations commerciales, une ombre a plané sur la visite de M. Recep Erdogan en Algérie.
La visite effectuée mardi et mercredi en Algérie par le premier ministre turc, M. Recep Tayyip Erdogan, a suscité un élan d'optimisme sans précédent dans les milieux officiels, les dirigeants des deux pays rivalisant de formules enthousiastes pour parler des perspectives de coopération bilatérale. Certaines cérémonies officielles ont donné lieu à un échange de propos dithyrambiques entre le chef du gouvernement turc et son homologue algérien Abdelmalek Sellal, pour vanter l'essor de la coopération bilatérale.
Au cours d'un forum économique algéro-turc, mardi soir, M. Abdelmalek Sellal a exprimé sa "grande satisfaction", en notant que les échanges commerciaux entre les deux pays "ont enregistré une densité remarquable». Les échanges ont quintuplé en une décennie, dépassant les cinq milliards de dollars, avec en parallèle "un réel saut qualitatif et une augmentation sensible des investissements turcs en Algérie". Selon les douanes algériennes, la Turquie était en 2012 le huitième client de l'Algérie, à qui elle a acheté pour un peu plus de trois milliards de dollars, et son septième fournisseur, avec 1,7 milliard de dollars. L'Algérie vent à la Turquie essentiellement des hydrocarbures, et lui achète différents produits industriels et manufacturés.
M. Sellal a invité les entreprises turques à « renforcer leur présence en Algérie pour l'accompagner dans son élan de développement » et lui permettre de réussir une transition économique "urgente et indispensable". Il a cité les secteurs qui offrent de réelles perspectives, parmi lesquels l'énergie et des mines, l'industrie, l'agriculture, le tourisme, la santé et les nouvelles technologies de l'information et de la communication.
Renouvellement du contrat gazier
M. Erdogan a montré le même enthousiasme. Pour lui, les échanges peuvent doubler rapidement, pour atteindre dix milliards de dollars à court terme. Des accords ont été signés pour augmenter les échanges et faciliter les opérations commerciales, a-t-il dit. Il a annoncé la prolongation de l'accord sur l'achat de gaz algérien pour une période de dix ans, jusqu'en 2024. La Turquie achète quatre milliards de mètre cube de gaz à l'Algérie, selon un accord qui expire en 2014. Cette annonce constitue une bouffée d'oxygène pour l'Algérie qui éprouve des difficultés à prolonger ses contrats d'exportations de gaz, ses acheteurs multipliant les pressions pour réduire les quantités et faire baisser les prix.
Mais de manière plus vaste, M. Erdogan souhaite un cadre qui pourrait permettre aux échanges bilatéraux de changer d'échelle. A cet effet, la Turquie souhaite engager des négociations pour parvenir à un accord de libre-échange, et dépasser ainsi les accords sectoriels. "L'accord de libre-échange devrait être signé. Les instructions seront données aux ministères pour entamer les négociations", a déclaré le Premier ministre turc, qui a affirmé que son pays soutiendra l'Algérie dans son processus d'adhésion à l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC).
M. Erdogan s'est aussi félicité de la forte présence des entreprises turques en Algérie. Au nombre de 160, elles ont réalisé 195 projets dans le domaine de la construction, pour coût global de 6,9 milliards de dollars, a-t-il indiqué.
Une ombre politique
M. Sellal et Erdogan s'exprimaient devant près de 800 chefs d'entreprises turcs et algériens réunis pour l'occasion pour nouer des relations d'affaires. De nombreux ministres tentaient de relayer ce dynamisme aux entreprises. Le ministre algérien de l'industroe, M. Cherif Rahmani, a ainsi déclaré que "l'Algérie est devenue le premier partenaire de la Turquie dans le continent africain ». Il aussi noté l'ampleur des investissements directs turcs, dont une aciérie à Oran, visitée mercredi par M. Erdogan. Le ministre de l'Economie turc, Zafer Caglayan, a affirmé que les deux pays doivent établir un accord bilatéral de protection réciproque des investissements.
Seule ombre au tableau de cette visite, la conjoncture politique dans les deux pays a quelque peu gêné les deux délégations. En Turquie, des manifestations hostiles à M. Erdogan se poursuivent depuis plusieurs jours dans de nombreuses villes de Turquie. En Algérie, le président Abdelaziz Bouteflika, en convalescence en France, ne rencontrera pas M. Erdogan. Son absence risque aussi de faire annuler une visite d'envergure, celle du président chinois, qui était initialement attendu ce mois-ci à Alger.
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