Alger - Revue de Presse

Salon du livre Des tracasseries aux bonnes affaires



Aucun livre dans le stand d'un exposant marocain, jusqu'à avant-hier, et ce, après cinq jours de l'ouverture officielle du salon du livre à Alger, dans sa 12è édition. D'autres exposants de recevoir leurs livres entassés dans des cartons, se précipitaient pour les ranger. Ils étaient très en retard, par rapport aux autres.L'exposant marocain a expliqué que ses livres sont restés bloqués au port. «C'est ma première participation au salon international du livre à Alger. La prochaine fois, je prendrai mes précautions» a-t-il affirmé, en joutant qu'il a obtenu des garanties pour que ses livres soient débloqués dès aujour-d'hui. Un exposant habitué du salon du livre à Alger, en l'occurrence le Syrien Haitham Hafez, membre de l'Union arabe d'édition électronique, a, lui aussi, été confronté à des problèmes. Il a tenu à expliquer que ce n'est pas la douane qui était à l'origine du retard mais certains livres attendaient l'autorisation de la commission de lecture du ministère des Affaires religieuses et celle de l'Education. Il est vrai, que l'exposant de la Syrie était un peu désemparé compte tenu de ce retard, mais cela ne veut pas dire qu'il ne va pas participer à la prochaine édition du salon. Il a reconnu que «le salon du livre d'Alger reste l'un des plus importants de par son affluence et sa surface ainsi que par la quantité de produits». Notre interlocuteur a déclaré que tous les salons arabes rencontrent des problèmes d'organisation, y compris les salons du livre syrien et égyptien. «Le seul salon du livre qui est bien organisé, c'est le salon koweitien: réservé à quelques maisons d'éditions, ce n'est pas du tout pareil et on ne peut jamais comparer ce genre de salon à une grande manifestation comme celle qui se déroule, aujourd'hui, à Alger», a-t-il tenu à préciser. Il affirme, par ailleurs, que «les grandes quantités de livres qui arrivent à ce salon ne facilitent pas la tâche ni aux douaniers, ni aux membres des commissions, ni même aux organisateurs de cette manifestation». L'exposant syrien a affirmé, en outre, que malgré les problèmes, le salon du livre de cette édition est meilleur, du point de vue organisationnel, que celui de la 11é édition. «La précédente édition était catastrophique» a-t-il affirmé. Notre interlocuteur nous a également informé que les organisateurs de salon ont initié, avant-hier, une rencontre avec les exposants ayant rencontré des difficultés. «Les organisateurs nous ont expliqué les facteurs à l'origine des problèmes en nous promettant plus d'ordre et de facilités pour la prochain salon», a-t-il soutenu, en précisant que l'administration a pu convaincre tout de même les exposants. Un distributeur ayant un contrat d'exclusivité pour l'exposition des livres tunisiens, canadiens et indiens en Afrique du Nord, s'est dit très impressionné par l'affluence des lecteurs sur ses produits. «On prévoit encore plus d'affluence dans les prochains jours», a-t-il affirmé. Notre interlocuteur explique cela par le fait que les lecteurs sont devenus plus exigeants et cherchent des produits originaux et nouveaux. Et s'ils s'intéressent à ce genre de livres, c'est parce qu'ils sont très compétitifs sur la question des prix. «Les livres canadiens et indiens sont beaucoup moins chers que ceux américains et français», a-t-il tenu à indiquer. C'est ce qu'on a, d'ailleurs, pu constater. Les romans français «dits classiques» sont, tout de même, chers. A noter que contrairement à la précédente édition, cette année il n'y a pas eu de clivage entre les exposants arabophones et occidentaux. Chose qui a été très appréciée par bon nombre d'exposants. C'est le cas, notamment, d'un exposant suisse: «il y a des visiteurs qui viennent spécialement pour acheter des livres d'histoire ou des livres religieux et qui visitent par curiosité notre stand». Il faut noter qu'il y a eu, pour les premiers jours de ce salon, une grande affluence de la part des visiteurs sur les livres pour enfants et du pré-scolaire, ceux d'histoire et les livres religieux. A côté de cela, il y a des romans, des livres de grammaire ainsi que des dictionnaires cédés à 250 DA seulement, chez les éditions Gallimard. Pour ce qui est de la vente des CD, qui s'est faite le plus normalement du monde, les éditeurs nous ont expliqué que les CD qui ont été interdits à la vente sont les CD gravés seulement. Un exposant syrien nous a montré des CD d'origine ce qui garantit la propriété intellectuelle. Sur la question des prix notamment, certains visiteurs ont jugé les prix excessifs alors que d'autres ont trouvé que les prix ont sensiblement baissé par rapport à l'année dernière. «J'ai trouvé que les prix ont baissé de 30% par rapport à la précédente édition, j'ai acheté pour 4.000 Da, 3 dictionnaires dont un de langue arabe très consistant, 2 livres de religion, 2 romans et 2 livres de cuisine», témoigne un visiteur qui était accompagné de son épouse et de ses enfants. Un autre en parlant de la maison de l'exposant qu'il a visitée, a jugé que les livres la littérature pour enfants sont excessivement coûteux. L'exposant lui explique que la taxe sur les livres importés est très élevée, ce qui explique la cherté de ces derniers. Enfin, un exposant de la maison «El Quds» a tenu à faire une remarque. Il s'est demandé pourquoi l'entrée au salon est payante? «C'est 30 DA par personne et ceux qui viennent en famille payent jusqu'à 100 et 120 DA pour accéder au salon». Et d'ajouter: «pourtant tous les exposants payent le prix de la location des stands. Nous devrions payer les gens pour venir visiter un salon du livre et non pas le contraire».
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