Alger - Revue de Presse

Salles des fêtes: Des fermetures et des interrogations



Ce n'est pas la joie au sein de la corporation des gérants et propriétaires des salles des fêtes.  Et pour cause, des décisions de fermetures systématiques de ces lieux, réservés aux fêtes de mariage notamment, sont prononcées depuis plusieurs années par les autorités dans plusieurs wilayas et, plus particulièrement, à travers la capitale qui copte quelque 206 salles sur les 584 inscrites au centre national du registre de commerce (CNRC), au niveau national.

Plus de 90 % des salles à Alger sont fermées nous a affirmé hier, le président de « l'Union nationale des salles des fêtes », M. Mouloudj Laid, qui souligne que la fermeture est décidée sans aucune inspection des lieux. La seule raison invoquée par l'administration, l'absence d'un certificat de conformité alors que, affirme-t-il, une bonne partie des salles des fêtes avaient été construites sur la base de décisions délivrées par les APC au moment où, les directions de l'Urbanisme et de la Construction au sein des wilayas (DUCH) ne reconnaissent pas cette procédure pour la délivrance de l'agrément.

Les propriétaires de ces lieux soutiennent que nombre d'entre eux ont réalisé leur entreprise dans le cadre de l'APSI et l'ANSEJ notamment, initiés dans le passé et soutenus par les autorités. Mais ce qui était valable dans le passé ne l'est plus à présent, s'est insurgé le président d'honneur de l'Union national des salles des fêtes, M. Saadi Ahmed. Ce dernier, rencontré à Alger, évoque carrément un excès d'autorité, rappelant que les fermetures ont été décidées sans sommation ni délais comme le prévoit la loi. Pis, il fera savoir que dans la capitale, à titre d'exemple, certains qui ont les « bras long » et dont les constructions représentant réellement un danger n'ont jamais été inquiétés et continuent de travailler au su et au vu des autorités qui ferment les yeux. «L'article 94 de la loi du 20 juillet 2008 accorde à l'ensemble des Algériens 5 années de délai pour la mise en conformité de leur construction.

Pourquoi les salles des fêtes sont exclues de ce délai et pour quels buts ? », s'est interrogé M. Saadi. Un autre membre du bureau de l'Union nationale des salles de fêtes, que nous avons rencontré, évoque carrément une « politique de deux poids, deux mesures des autorités » dans les décisions de fermeture. Il citera, pour sa part, certaines salles relevant du domaine de l'Etat à travers la capitale, notamment à Hussein Dey, Hassiba Ben Bouali, Belcourt, Boulevard Amirouche, Bologhine etc. « Certaines salles ne disposent même pas de fenêtres et pourtant elles ne sont pas concernées par les décisions de fermeture », nous a-t-il déclaré en indiquant que le cahier des charges imposé est interprété au gré de l'humeur des responsables.

Il faut savoir que la législation considère et place les salles des fêtes dans la catégorie de celles des spectacles au même titre que les cabarets, les night-clubs, les cinémas ou les cirques.

«Notre activité ne réalise aucun spectacle et son classement dans cette catégorie est une erreur au même titre que de l'associer aux cabarets, night-clubs, boîtes de nuits etc.», souligne-t-on dans une lettre adressée au secrétaire général du ministère de l'Intérieur et des collectivités locales par l'Union nationale des salles des fêtes. Cette dernière a adressé près d'une centaine de correspondances aux différents responsables pour trouver une issue aux problèmes des salles des fêtes et sauver du coup leurs investissements. Mais, à ce jour, le «black-out » persiste toujours et aucune autorité n'a daigné, ne serait-ce que répondre à ces lettres, soutiennent certains gérants de ces salles qui s'en remettent au chef de l'Etat, en sa qualité de premier magistrat du pays, pour se pencher sur leur situation et celle de leur commerce à l'origine de la création de milliers d'emplois saisonniers.

Les responsables de l'Union nationale des salles des fêtes soutiennent que si ses adhérents sont en infraction, il appartient à la justice de trancher sur chaque cas et non à l'administration d'être juge et partie en décidant la fermetures des lieux qui sont en infraction avec la loi, d'autant plus, ajoutent-ils que cette « opération » semble viser principalement les salles des fêtes implantées à travers la capitale, comme pour écarter toute concurrence et permettre à certains de s'enrichir.


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