
«Il y a eu des liquidations physiques durant la guerre de Libération nationale et il faut en parler.» Voilà un propos qui n'émane pas d'un simple quidam mais d'un ancien maquisard, ex-ministre et membre du tiers présidentiel au Conseil de la nation.Mohamed Kebci - Alger (Le Soir) - Salah Goudjil, qui modérait, hier dimanche, une journée d'étude sur la diplomatie algérienne sous le titre «la diplomatie de l'autodétermination à la diplomatie d'exportation de la paix», organisée par la Chambre haute du Parlement, ne s'est pas empêché d'évoquer un aspect «sombre» de notre glorieuse guerre de Libération nationale, érigé en «tabou», au lendemain du recouvrement de l'indépendance nationale comme il est d'ailleurs évacué des manuels scolaires. Ceci même si l'ancien ministre des Transports a tenu à «préciser» davantage son propos à la fin de cette journée. «C'est une affaire des historiens, pas celle du ministère des Moudjahidine. Ceux-ci doivent étudier chaque cas avec les causes et les conséquences négatives ou positives ou les deux à la fois», dira Goudjil pour qui la guerre de Libération nationale avait deux principes non mentionnés dans la proclamation du 1er Novembre 1954.Le premier consistait en le «refus de tout intermédiaire» entre le Gouvernement provisoire de la République algérienne et les autorités coloniales, faisant part, dans ce sillage, de velléités du genre de la part, entre autres, de feux Habib Bourguiba, Mohammed VI ou encore Djamel Abdenacer.Pour le second principe, il s'agissait de ne pas admettre qu'un étranger, quel qu'il fût, de s'engager dans les maquis, affirmant, à ce propos, que «tous ceux qui étaient tombés au champ d'honneur étaient des Algériens et que seul le sang algérien a coulé pour le recouvrement de l'indépendance nationale». Un propos à valeur de démenti à ce qui était colporté à une certain moment quant à la contribution dans les maquis de «frères, notamment de la sphère arabo-islamique».Intervenant durant cette journée, Khaled Abdelouahab, de l'Université d'Oum-el-Bouaghi, a relevé le caractère «humain» de la Révolution du 1er Novembre 1954. Et d'en vouloir pour preuve la place réservée à la minorité européenne en Algérie dans les résolutions du Congrès de la Soummam, appelée qu'elle était à choisir entre la nationalité algérienne ou de rester française mais en perdant certains privilèges dont elle bénéficiait jusque-là .Il y a également le principe de cessez-le-feu exigé par le FLN avant l'engagement de tout processus de négociations, rappelant la priorité accordée à une solution pacifique avant de recourir à l'option armée.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : M K
Source : www.lesoirdalgerie.com