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SAIDA : LE PETIT MOUSSABEL



Lorsqu'en 1954, l'Assemblée générale des Nations unies adopte la résolution 836 portant sur l'institution d'une Journée de l'Enfance, consacrant une fraternité mondiale, la compréhension entre les enfants et la création d'activités favorisant le bien-être des petits hommes, les jeunes pousses innocentes de l'Algérie colonisée n'en surent cure et subissaient le diktat du maître. Et l'enfance continua bon an, mal an, son cheminement au gré de l'humeur des adultes.
Dans le quartier populaire d'Amrous, en ces dernières années de la 5ème décennie (années 58 et 59) alors que la guerre de Libération faisait ravage et soulevait la rage de l'oppresseur, les petits enfants parvenaient à forcer les barrages militaires qui ceinturaient le quartier… indigène, foyer de la révolution, pour se rendre à l'école primaire, seul privilège d'une frange délaissée. Les militaires des commandos de triste renommée, n'épargnaient aucun adulte, y compris les femmes d'autant que la situation en Métropole était déstabilisée par des tiraillements politico-militaires et qu'à Alger, les Massu et Salan prônaient l'Algérie française, par le feu et le sang. Et c'est dans ce contexte, où l'étau répressif se resservait que l'enfance joua le rôle, en l'ignorant d'ailleurs, du fait de l'immaturité politique de l'innocent, de Moussebel. Les messages transitaient au nez et à la barbe du vigile par les cartables des écoliers souvent des musettes portées en bandoulière, fruit d'un « cousu-main local ». Les responsables politiques glissaient, à l'insu de l'écolier, le «mot d'écrit », en l'espace d'une tape sur l'épaule et d'un « salem » appuyé, qui faisait du petit un grand homme, cueilli à sa traversée de la ligne rouge, contrôlée et surveillée au chargeur et à la baïonnette, par le destinataire anonyme du message. L'enfant Moussebel malgré lui, communiquait un relais infaillible : le renseignement, cette arme redoutable. Et ils furent nombreux ces enfants chahid qui durent payer le prix d'une dénonciation, d'une fuite ou d'aveux sortis à la gégène. Dans le cadre de la célébration du 50ème anniversaire de l'Indépendance, certains moudjahid se sont souvenus de ces faits, de la contribution de l'adolescence à la lutte de Libération.


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