
Le doyen des dessinateurs algériens, Saïd Zanoun, écrit, en ce moment, sa biographie qui revient sur une vie pleine et riche en événements artistiques le plus souvent liés à sa fonction de créateur de la chaîne II de la Radio nationale. On dit qu'il est « le père du policier radiophonique en Algérie », « l'Alfred Hitchcock algérien », mais l'intéressé préfère entendre parler de « Doyen des dessinateurs algérien ». La raison ' Tout remonte à sa prime enfance lorsqu'il s'est initié au dessin avec doigté. « Je suis un auteur dramatique, j'ai le don d'écrire, de dessiner depuis toujours. J'étais le meilleur dessinateur de ma classe à l'école. A un moment donné, j'étais au boulevard Bugeaud où un certain Alphonse avait un salon de coiffure. Le premier étage est réservé pour les dames et le rez-de-chaussée pour les hommes avec une vitrine qui donnait sur la rue. Comme je travaillais à côté et sachant que je dessine, le proprio m'a demandé de lui dessiner une belle femme avec une belle chevelure qu'il mettra en vitrine fort justement. J'ai, alors, dessiné et copié Veronica Lake, une artiste américaine avec beaucoup de succès, je dois dire, puisque le dessin a été mis en vitrine », a-t-il expliqué. Quand un jour, le directeur de l'Echo d'Alger est allé se faire couper les cheveux dans ce salon, il a eu vent de cette histoire de dessin. « Comme j'ai signé mon 'uvre avec les initiales SAZ, il s'est enquis auprès de monsieur Alphonse sur la paternité de cette 'uvre. Après quoi, le directeur l'a instruit de me dire d'aller me présenter au journal pour exercer mon talent », a-t-il poursuivi. « Quand je me suis présenté au siège du journal, et se rendant compte que je suis un Algérien, le directeur ne m'a pas retenu. Il m'a dépêché sur Dimanche Matin, un hebdomadaire qui dépendait de l'Echo d'Alger. Nous étions en 1952-1953. L'on m'a demandé mes coordonnées en soulignant qu'on allait m'appeler au besoin. Depuis, on ne m'a jamais appelé », a-t-il indiqué. « Comme j'ai de la chance, un certain Pierre, qui était responsable de Dépêche Magazine qui dépendait de Dépêche Quotidienne concurrent direct de l'Echo d'Alger, a été mis au parfum de mon histoire par le coiffeur. Il a, alors, décidé de m'embaucher dans sa gazette. Et c'est comme cela que j'ai intégré le monde de la presse en dessinant chaque jeudi un style proprement algérien au milieu de dessinateurs français », a-t-il laissé entendre. Il était déjà à son comble lorsqu'une certaine Ourida lui a offert ses services. « Au même moment, une grande chanteuse, une certaine Ourida qui habitait mon quartier, m'avait dit que je pouvais exercer mon talent au sein de la Radio kabyle. Les contes que je faisais dans le journal, je pouvais les mettre en évidence à la radio. Elle m'a présenté, alors, à Saïd Rezzoug qui a commencé à faire des pièces en association avec Ali Abdoun qui me traduisait. Par la suite, j'ai fini par les écrire tout seul. Finalement, j'ai pu sortir un nouveau style parce qu'on en a marre d'écrire des pièces qui restent sur place, il fallait aller plus loin », a conclu Saïd Zanoun. C'est ainsi qu'il a créé le policier radiophonique avec les péripéties du commissaire Amara Saïd et de nombreuses autres pièces pour la radio et la télévision nationales. Ses 'uvres ont été traduites à l'arabe et au français.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Rabah Douik
Source : www.horizons-dz.com