Alger - Revue de Presse

Sahara Occidental Un autre round de négociations en décembre



Le Maroc et le Front Polisario se retrouveront pour la troisième fois, en moins de quatre mois, autour d?une même table de négociations, avant la fin de l?année. Contrairement aux précédents rounds qui ont lieu à Manhasset, aux Etats-Unis, cette troisième rencontre devrait avoir lieu en Europe et plus précisément à Genève. La date et le lieu de ce nouveau round ont été annoncés lundi par l?ambassadeur sahraoui à Alger, M. Mohamed Yeslam Beissat, lors d?une conférence de presse. «Le troisième round des négociations entre le Maroc et le Front Polisario, sous l?égide des Nations unies, sur une solution politique au conflit du Sahara Occidental, aura lieu probablement en décembre à Genève», a indiqué l?ambassadeur sahraoui. Ce dernier a souligné que l?envoyé personnel du secrétaire général de l?ONU pour le Sahara Occidental, M. Peter Van Walsum, avait proposé la tenue à la fois d?un troisième et d?un quatrième rounds des négociations en novembre à Genève. «La proposition a été acceptée par le Front Polisario, mais le Maroc l?a rejetée, prétextant la tenue des élections législatives, qui se sont déroulées le 7 septembre dernier. Le troisième round aura donc lieu probablement en décembre», a-t-il expliqué. Par ailleurs le responsable sahraoui a indiqué que la tenue d?autres rencontres entre les deux parties est une nécessité pour parvenir à une avancée. Il a néanmoins tenu à préciser qu?il est possible de parvenir à une avancée si la communauté internationale prend ses responsabilités et pousse le Maroc à entamer de vraies négociations. Beissat a rappelé à l?occasion les positions intransigeantes du Maroc qui, dira-t-il, ne fait que ressasser son plan d?autonomie pour le Sahara Occidental, en feignant d?oublier qu?aucun pays au monde, et encore moins l?ONU, ne lui reconnaît une souveraineté sur ce territoire. Le Maroc «doit prendre conscience que ces négociations constituent une vraie chance pour la paix et qu?il ne doit pas la gâcher comme il n?a cessé de faire depuis plus de trente ans. Le Maroc, qui dépense 3 millions de dollars US par jour pour ses troupes au Sahara occidental, a tout essayé, de la guerre à la propagande, mais il n?a pas réussi à imposer le fait accompli colonial», a-t-il dit. Le responsable sahraoui a assuré qu?il est possible de régler ce conflit en quelques heures de démocratie, à travers l?organisation d?un référendum d?autodétermination. Abordant les dernières élections législatives marocaines, Beissat a estimé que la victoire du parti de l?Istiqlal aux élections législatives marocaines «est une mauvaise nouvelle pour les négociations, ainsi que pour la paix et la stabilité dans la région, car c?est l?idéologie de ce parti qui a impliqué le Maroc dans ses politiques expansionnistes», a-t-il dit. Il a toutefois relativisé en soulignant que «le vrai pouvoir à Rabat est entre les mains du roi, le Parlement et le gouvernement n?ayant qu?une marge de manoeuvre limitée». Le Maroc et le Front Polisario ont tenu les 18-19 juin, puis les 10-11 août, deux rounds de négociations sur une solution politique au conflit au Sahara Occidental, à Manhasset, près de New York, sous les auspices de l?ONU. Ce second round n?avait pas connu d?avancées notables. A l?issue de la rencontre, les positions marocaines et sahraouies étaient toujours divergentes et très éloignées. Les Marocains continuent toujours à s?accrocher à la seule option d?autonomie, ce qui constitue un préalable en nette contradiction avec les dispositions contenues dans la résolution 1754 du Conseil de sécurité. De son côté, la position sahraouie défend l?organisation d?un référendum d?autodétermination qui prend en compte toutes les options, y compris l?indépendance, et donne au peuple sahraoui la liberté de choisir son avenir. Le Polisario avait rejeté la position intransigeante et unilatérale marocaine. «Le Maroc dit qu?il est prêt à accepter seulement la négociation autour de l?option autonomie. Cela signifie pour les Sahraouis que le territoire est déjà marocain et nous disons que le Maroc n?est pas la puissance souveraine pour avoir le droit d?imposer son plan d?autonomie», avait indiqué un membre de la délégation sahraouie aux négociations. Le même responsable a tenu à rappeler que la proposition sahraouie est basée sur la flexibilité et le principe du respect du droit international qui donne la possibilité d?organiser un référendum d?autodétermination et donner au peuple sahraoui de choisir entre l?option que présente le Maroc et l?option de l?indépendance.
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