Alger - Revue de Presse

Sahara Occidental Le Polisario prêt à des négociations avec le Maroc



Saisissant le jour du vote par le Conseil de sécurité d'une résolutionvisant à «sortir le conflit de l'impasse», les Sahraouis en appellent avecinsistance à «la sagesse» des Etats-Unis, des Français et des Espagnols pour yconsacrer les principes de la légalité internationale.C'est par la voix de son ambassadeur à Alger que la République sahraouie(RASD) a demandé, hier, aux trois pays de ne pas marchander avec le conflitsahraoui au profit des exigences marocaines. L'appel se fait avec persistance àun moment jugé crucial par les observateurs pour le règlement du conflitsahraoui. C'est en effet aujourd'hui que le Conseil de sécurité prévoit devoter une résolution appelant à « sortir le conflit de l'impasse » danslaquelle il a été placé depuis de longues années. En en appelant à « la sagesse» des trois pays qualifiés « d'amis » du Sahara Occidental, le Front Polisariosait pertinemment que ce sont eux qui, surtout pour le cas de Paris etWashington, appuient le Maroc dans sa persistance à vouloir garder sous sonoccupation les territoires sahraouis. En plus de son cautionnement de cetteposition, Madrid est, comme l'a retenu l'histoire, la partie qui a permis en1975 au Maroc d'annexer le Sahara Occidental. Les Sahraouis savent, parailleurs, qu'en sollicitant les Etats-Unis pour faire respecter la légalitéinternationale - c'est-à-dire permettre au peuple sahraoui d'exercer son droità l'autodétermination par la voix d'un référendum - ils le font à un pays qui adécidé de piétiner cette même légalité pour coloniser l'Irak. Ils leur rappellentjustement qu'en imposant des solutions en dehors des résolutions et desrèglements votés par le Conseil de sécurité des Nations Unies, les conséquencesn'en sont que dramatiques. « Nous voyons ce que les solutions imposées ontapporté en Irak et au Moyen-Orient » a fait remarquer l'ambassade de la RASD àAlger. Mohamed Yeslem Beisset exhorte ainsi les Américains « à respecter leurspropres normes et valeurs avec lesquelles ils sont arrivés à stabiliserl'Europe après la guerre, en relançant l'économie, en promouvant les droits del'Homme et en respectant les frontières légales de certains pays européens ».Les Sahraouis en veulent aussi à la France qui, pourtant appelée parl'histoire « la mère des démocraties », a fortement insisté, selon lui, pourque la notion « des droits de l'homme bafoués par la répression marocaine » nefigure pas dans la résolution devant être votée aujourd'hui par le Conseil desécurité. Ce qui a été respecté par ses pairs, les membres influents del'institution onusienne et qui a été relevé avec une profonde amertume par lesSahraouis. Une telle attitude et tant d'autres de ces pays visant à enfreindrel'esprit de la légalité internationale au profit du Maroc, ont fait sortir laRussie de ses gonds qui menace de quitter le groupe. Ce qu'il y a cependant d'important à retenir après une semaine de débatsintenses et serrés au sein du Conseil de sécurité et sur la base desrecommandations du secrétaire général des Nations Unies, la résolution initialea été remaniée dans plusieurs de ses points. Une résolution qui, faut-il lenoter - penchait grandement en faveur du royaume chérifien et de sa propositionde paix qui ignore les droits du peuple sahraoui. La copie revue et corrigéesemble - pour un début - agréer les Sahraouis qui saluent le fait qu'elleconsigne la référence au droit du peuple sahraoui à l'autodétermination. Leurambassadeur à Alger approuve les corrections apportées « parce qu'elle mettentdéjà sur un pied d'égalité le front Polisario et le Maroc en prenant acte deleurs propositions respectives de paix ». La référence à celle du Front Polisario a été rajoutée après révision dela résolution. Beisset note aussi avec satisfaction le fait que le Conseil desécurité ait désigné nommément « et pour la première fois » les deux partiescomme étant les seuls protagonistes du conflit. Cette désignation nominative aété consignée dans le texte au titre de l'appel que lance le Conseil desécurité à l'ouverture de négociations entre eux deux « sous l'égide des NationsUnies et dans le cadre du respect de la légalité internationale ». Les NationsUnies habillent cette demande comme de tradition de la clause « pour unesolution mutuellement acceptable ». La résolution révisée retient par ailleurs,une extension du mandat de la MINURSO de six mois et non de deux comme leprévoyait le texte initial. Le Front Polisario fait part de sa disponibilité à participer à desnégociations « directes avec le Maroc sous l'égide de l'ONU ». Son ambassadeurà Alger affirme, en outre, que « nous sommes aussi disposés à prendre en chargeles préoccupations du Maroc relatives à l'exploitation des ressourcesnaturelles du Sahara Occidental ». Cette clause est clairement contenue dans laproposition de paix que les Sahraouis ont présentée récemment aux NationsUnies. « Nous acceptons de négocier avec le Maroc y compris sur ce point pourla stabilité et la prospérité de la région » dit Beisset. Il estime que « lapréoccupation du Maroc au sujet de sa stabilité, la crise politique et économiquequ'il vit doivent en principe l'obliger à accepter de négocier avec nous ». Ildoit selon lui « en être de même pour les pays amis du Sahara Occidental ».Parce que, explique-t-il, « ce que veut le Maroc, ni les Etats-Unis nil'Espagne ne peuvent le lui donner mais le peuple sahraoui peut le lui donner àcondition qu'il lui soit permis d'exercer son droit à l'autodétermination parvoie référendaire ». A défaut, Beisset s'interroge à juste titre à propos de laposition adoptée par les trois pays qui manipulent le conflit sahraoui « queveulent-ils pour la région, un deuxième Irak ou un deuxième Moyen-Orient ? ».
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