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Sahara occidental : la France ne rend pas service au Maroc (Lakhdar Brahimi)



Sahara occidental : la France ne rend pas service au Maroc (Lakhdar Brahimi)
PARIS - L'ancien ministre des Affaires étrangères, M. Lakhdar Brahimi, a estimé samedi à Paris que le parti pris de la France sur le dossier du Sahara occidental ne rend pas "vraiment" service au Maroc.
"Les Etats-Unis essayent un tant soit peu d'être assez indépendants et ouverts pour contribuer à la solution du problème (du Sahara occidental) au moment où la France a choisi de s'activer aux côtés du Maroc. Ce faisant, elle ne rend même pas vraiment service au Maroc", a-t-il souligné dans son exposé au colloque sur les perspectives de développement entre la France et l'Algérie, organisé à l'Assemblée nationale française, à l'initiative de l'Association France-Algérie, présidée par Jean-Pierre Chevènement.
La question du Sahara occidental, a-t-il dit, est une question internationale qui est gérée aux Nations unies où la France occupe un siège permanent de même que les Etats-Unis qui "sont aussi proche du Maroc que la France l'est".
Sur le plan des relations entre l'Algérie et le Maroc, M. Brahimi, qui a occupé le poste de secrétaire général-adjoint à l'Onu, a estimé qu'Alger et Rabat "n'ont nul besoin de l'aide de qui que ce soit pour améliorer leur relations bilatérales" qui, a-t-il ajouté, "et personne ne l'ignore, ne sont pas au mieux".
Au sujet de la Libye, il regrette que la communauté internationale n'ait pas joué un rôle "plus actif" pour éviter les combats et destructions et empêcher l'intervention de l'Otan "qui ne s'est pas déroulée avec un mandat de l'Onu et n'est pas perçu positivement en dehors de la Libye". Il a souhaité que, pour la reconstruction de la Libye, "l'Algérie, la Tunisie et l'Egypte, voisins directs de la Libye, puissent engager une coopération active avec l'Europe et, notamment, la France".
Sur le dossier nucléaire iranien, M. Brahimi a souligné que les puissances nucléaires "ont réussi à imposer d'étranges logiques qui voudraient que le danger ne viendrait pas de l'arsenal déjà existant, mais des armes qui n'existent pas encore", rappelant que lors des discussions qui ont mené à la création de l'AIEA et du TNP, "on disait que l'objectif principal était la liquidation progressive de l'arsenal atomique existant et que, du coup, les pays qui ne possédaient pas la bombe devraient peut-être essayer d'éviter de l'avoir".
"Du désarmement nucléaire, il n'est plus guère question. Les pays occidentaux se sont assuré la coopération récalcitrante de la Chine et de la Russie, mais on n'a guère l'impression que de grands progrès ont été réalisés dans la gestion de ce dossier", a-t-il déploré, se demandant si l'Algérie ne pourrait pas aider à engager un dialogue "plus constructif" sur le problème du nucléaire avec l'Iran.
Sur la Syrie, M. Brahimi considère que les Occidentaux ont une vision "trop simpliste" de la situation qui prévaut dans ce pays, relevant que "les opposants syriens, eux-mêmes, se plaignent de la militarisation de leur mouvement et craignent, de plus en plus, de glisser vers une situation à la libyenne où le +Printemps arabe" se transforme en guerre civile".
Il a alors estimé qu'il peut y avoir un "terrain favorable" à une "action commune" entre la France et l'Algérie du "moins une concertation active" pour "aider les Syriens à sortir de la grave situation dans laquelle ils se trouvent".
A propos de la question palestinienne, il a déploré qu'en Occident "on parle beaucoup plus des besoins de sécurité d'Israël que des droits du peuple palestinien", soulignant cependant que la position française est "beaucoup plus nuancée sur le plan officiel et encore plus au niveau de l'opinion".
"Ni le processus de Barcelone, ni la tentative de relancer encore une fois la coopération inter-méditerranéenne n'ont permis la moindre relancée sur ce dossier", a-t-il dit suggérant également un "dialogue franco-algérien ambitieux qui pourrait formuler de nouvelles idées susceptibles de favoriser une paix réelle en Palestine".
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