
Une grande militante de la cause nationale est partie cette semaine dans l'indifférence et l'oubli des «officiels».Safia Belmadi, dite Safia Benmehdi, est décédée à la veille du 1er Novembre, date symbolique s'il en est, et cela suffit à combler le vide créé autour de sa disparition par ceux qui sont censés honorer son parcours et sa mémoire. Militante de la cause nationale, Safia a été, très jeune, rompue aux luttes contre les injustices, les inégalités qui rythmaient la vie des Algériens sous le joug colonial.Au Clos Salembier, à Alger et ailleurs, elle a démontré son attachement patriotique et son engagement entier en faveur de l'indépendance. Safia nous a quittés le 25 octobre dernier, dans la discrétion, comme elle a toujours vécu, et a été enterrée au cimetière d'El Madania, son quartier de toujours.Radia, moudjahida et épouse du moudjahid regretté Abderrahmane Serri, met en évidence le courage de sa s?ur aînée, née le 5 avril 1931 à Clos Salembier où toute la famille avait élu domicile, dont leur cousin Lyes Derriche, membre des «22» dont la maison avait abrité la célèbre réunion qui a servi de détonateur à la Révolution algérienne.Safia a milité à Clos Salembier aux côtés d'illustres combattants comme les frères Madani, Abderrahmane Laâla et d'autres anonymes qui ont marqué à jamais la lutte contre l'occupant. Arrêtée en 1957, Safia a subi les pires atrocités à la prison de Beni Messous où son état de santé délabré a nécessité une hospitalisation d'urgence et une opération à c?ur ouvert dont elle se sortira. Attachée à ses idéaux, Safia poursuivra son combat jusqu'à l'indépendance avec la même vigueur et la même détermination.Notamment lors des manifestations du 11 Décembre 1960 à El Madania où elle était à l'avant-garde de la foule en colère. Par la suite et lorsque la libération a été recouvrée, Safia occupa d'importantes fonctions au sein de l'Union des femmes algériennes, puis secrétaire générale de l'Ecole normale de Bouzaréah dont le directeur était Abdelhamid Mehri.Safia fut aussi inspectrice de l'enseignement et son domicile ne désemplissait pas en accueillant tous ceux qui avaient besoin de ses précieux conseils. Toujours fidèle à ses engagements militants, Safia était membre de la première délégation des femmes algériennes présidée par la moudjahida Zoulikha Bekaddour en janvier 1965 au Caire. «Elle a toujours été modeste, simple mais rétive aux injustices et à la hogra. Elle a toujours milité pour le développement de l'homme et de la femme algériens qui sont restés jusqu'à son dernier souffle son souci premier», nous a confié, émue, sa s?ur Radia. A sa famille, El watan présente se sincères condoléances. Adieu Safia?
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Hamid Tahri
Source : www.elwatan.com