Alger - A la une

S.O.S, recherche second souffle



L'écho des clameurs des foules transcendées par la victoire de l'équipe de football d'Algérie A' en Coupe arabe au Qatar continuera pour longtemps de résonner, le temps pour nous de retomber sur nos pieds. Mais la réalité nous replonge dans l'actualité du jour faite de défis multiples. Ainsi, il y a ceux du présent et ceux qui conditionnent l'avenir pour les populations arabes qui espéraient tant, une fois libérées des griffes du colonialisme.L'appellation ronflante de « monde arabe » fait ressortir encore plus les nombreuses frustrations qui ne sauraient cacher les quelques réussites à l'échelle d'un pays. Tant d'énergie aurait boosté toute la région Mena (Moyen-Orient-Afrique du Nord), tout au moins dans le domaine économique d'autant que les richesses en gaz et pétrole sont un atout pour tout. Le paradoxe est qu'un traveling, aujourd'hui, fait ressortir les énormes disparités entre les pays constituant ? au moins sur le plan géographique ? l'ensemble arabe. Si les plus puissants « s'amusent » à ostraciser les petits frères qui se résignent à leur sort, et rivalisent à qui imposera sa « loi », l'image qui s'en dégage est truffée de zones de mésententes, de conflits qui, parfois, dégénèrent en guerre, comme c'est le cas pour la Syrie et le Yémen.
Il est facile d'imaginer que les différends entre tous ces pays s'inscrivent dans la durée surtout que nombre de ces Etats sont en manque de légitimité et de souveraineté dans la prise de décisions qui engagent. C'est d'ailleurs là un terreau fertile pour les ingérences étrangères au plaisir des diplomaties de pays amis pour les uns, ennemis pour les autres. Dans ce contexte du «chacun-pour-soi», se délester de contraintes encombrantes est une solution facile. Avec les accords d'Abraham, il est aisé de considérer que nous sommes, en ce premier quart du XXIe siècle, en fin de toute velléité de résistance, « somod » des Arabes à la domination étrangère, quel que soit son habillage. Qu'on en juge : la Palestine, qui était le ciment de l'unité arabe, du moins dans les discours officiels, ne voit toujours pas la fin de ses malheurs, la « Nekba », plus d'un siècle après la fondation du foyer juif de Lord Balfour. Le constat est ainsi affolant : un peuple divisé, un territoire fractionné, devenu presque fictif et menacé dans sa continuité historique.
Après l'Irak de Saddam Hussein, le drame de la Syrie et du Yémen, la crise en Libye, aucune embellie n'est à l'horizon. À cette situation délétère se greffe la question du Sahara Occidental. Bien plus, ces conflits préfabriqués, mais aux conséquences d'une extrême gravité, sont les nouveaux traumatismes d'une « nation arabe » qui a perdu ses repères. Pire, ils s'inscrivent, à bien y voir, dans la durée. Les deux guerres du Golfe (1990-91-2003) ont achevé la mainmise étrangère, entendre par là les Etats-Unis et l'Etat sioniste d'Israël, sorti grand vainqueur dans cette confrontation inégale. C'est dans ce sens qu'il convient de voir les « normalisations » comme une étape supplémentaire de la soumission.
C'est à croire que les Etats arabes ont presque un besoin de masochisme, ils s'empêtrent alors dans des contradictions qui les dépassent. Il n'y a plus de leader d'envergure même populiste capable de faire renaître les espoirs. Le sommet d'Alger, en mars prochain, se veut « inclusif et unitaire». Sera-t-il ce nouveau souffle attendu, susceptible de faire revenir la confiance perdue '
Brahim Taouchichet
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