Entamer une activité artistique à l'automne de sa vie n'est pas chose courante. A 77 ans, Bacha S'mina se lance dans l'apprentissage du dessin, sa passion de toujours, et cette décision tardive a changé sa vie dans le bon sens. Et puis, en encourageant son entourage à ne jamais renoncer à ses rêves, elle donne une belle leçon de persévérance et de volonté.
Parler de soi peut s'avérer un exercice difficile lorsqu'on a l'humilité de S'mina. Le sourire qui ne la quitte presque jamais semble traduire cette qualité à laquelle s'ajoute une sagesse qu'on croirait innée tant elle paraît avoir toujours eu un tempérament des plus pondérés.Lorsque Bacha S'mina décide en 2009 de franchir le seuil de l'école des Beaux-Arts d'Alger pour s'enquérir des modalités d'inscription, elle ne pouvait espérer un aussi heureux hasard : la limite d'âge pour ce faire était de... 77 ans. Aujourd'hui, à 80 ans, elle savoure la joie de «réaliser quelque chose d'important» dans sa vie et «rien que pour elle». «La peinture m'habite depuis toute petite mais je ne pensais pas pouvoir un jour m'y mettre. Mon mari devait m'inscrire, il y a déjà 30 ans mais j'ai préféré me consacrer entièrement à mes enfants», confie-t-elle à l'APS avant d'avouer ses regrets de n'avoir pas su s'organiser autrement. Par moments, elle s'arrête de parler tant elle se sentait «gênée» par tant de sollicitude : la voix douce et sereine, l'air quelque peu timide, elle note que d'autres personnes «plus talentueuses» mériteraient qu'on parle d'elles. Il aura fallu qu'elle reçoive de ses enfants, en guise de cadeau, du matériel de peinture pour que l'idée de peindre se concrétise : d'une toile à une autre, le talent de S'mina s'exprime de mieux en mieux. Le regard embué par l'émotion que suscite en elle ce souvenir, elle cesse de s'exprimer un laps de temps pour revivre en mémoire cet instant mémorable, à l'origine de ce qui s'apparente, pour elle, à une «révélation». «Le dessin m'apporte beaucoup de joie. Lorsqu'on se quitte pour les grandes vacances, c'est un moment émouvant pour les élèves et notre enseignant que je considère comme une seconde famille», se réjouit-elle avant qu'un soupçon de regret ne vienne tempérer son ardeur : «Mon enseignant me dit souvent que si j'avais commencé plus tôt je me serais faite un nom aujourd'hui».
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Agence
Source : www.lnr-dz.com