La culture oubliée de tous, du gouvernement, des partis politiques, c'est malheureusement la triste réalité particulièrement remarquable à la veille des prochaines législatives. Une triste réalité qui ne saurait se réduire à la simple entreprise de récupération, par le ministère de la Culture, des salles de cinéma actuellement gérées par les communes, contrairement à ce que peut affirmer Mme Khalida Toumi. Depuis longtemps, les salles obscures, dont le nombre s'est réduit comme peau de chagrin, sont dans leur presque totalité ' sans jeu de mots ' d'obscurs et repoussants lieux où l'on voit autre chose que des films' Faut-il alors s'étonner que le public boude ces salles ' En matière de programmation, la télévision nationale n'est guère mieux lotie. Les téléspectateurs n'ont d'autre choix que d'accepter la médiocrité ou de «zapper» l'ENTV.
Le sinistre est encore plus grave quand on sait que rien ou presque en matière de production culturelle ne distingue ce 50e anniversaire de l'indépendance des autres années. Il serait plus juste de parler de «non production», que ce soit dans le cinéma, le théâtre, la musique, l'édition ou les arts plastiques. Pis, des projets de création artistique sont bloqués par une administration tatillonne ou tout simplement pour d'inavouables considérations politiques, à l'instar du film sur Krim Belkacem, par exemple, qui a dû attendre trois ans avant de connaître enfin son premier «tour de manivelle». A croire que plus de quarante après son assassinat dans un hôtel de Francfort en 1970, le Lion du djebel dérange encore beaucoup de monde.
Pour ce qui est des infrastructures culturelles, le bilan est encore plus catastrophique : aucune salle polyvalente, de concert ou de théâtre n'a été construite depuis l'indépendance. La capitale attend toujours son grand théâtre et se contente, depuis 50 ans du trop exigu Opéra d'Alger, siège aujourd'hui du TNA, fermé la plupart du temps faute de création nouvelle proposée au public. Pourtant, des sommes considérables sont englouties dans de fastueuses manifestions culturelles dont la portée est minime et les retombées en matière de création artistique et de diffusion nulles ou presque sur le grand public. Combien a coûté l'opération tape-à-l''il «Alger, capitale de la culture arabe» ou encore celle de Tlemcen devenue subitement, on ne sait pour quelle raison, celle de la culture islamique, sans que le moindre effet ne parvienne au citoyen de Tindouf ou d'Oum El Bouaghi ' Certains parlent d'un milliard et demi de dollars pour la seconde uniquement. Saura-t-on un jour les sommes déboursées avec exactitude, ce qu'aura coûté cette politique de prestige ' Une question qui mériterait d'être posée à la future APN, à condition, toutefois, que le courage politique l'emporte sur les autres considérations rentières.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Reda Bekkat
Source : www.elwatan.com