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Rossé, le malfaiteur



Rossé, le malfaiteur
Hamed a très mal agi en s'introduisant chez la famille d'El Hadj!
Hamed D. est un récidiviste très connu par les services de toutes les polices de Tamourth. Il est si connu qu'il a accepté de se passer des...services d'un avocat lequel aurait pu...bref! Passons pour nous arrêter sur ce voleur surpris en flagrant délit de vol à main armée à l'encontre d'El Hadj, soixante et onze ans tout rond! Debout à la barre, la tête bandée, le front portant une bande où le sang séché laisse deviner que le détenu a reçu des coups. De suite, il débute son récit. Pas le vol, non. Pas la manière avec laquelle il s'était introduit chez El Hadj, non.
Ces péripéties seront bien marrées par les deux victimes El Hadj et son fils Ali quarante-deux ans, au regard haineux vis-à-vis du malfaiteur qui ne supporte pas que El Hadj commence à ouvrir sa chemise pour montrer à Maârouf Chebli, le juge et Naïma Amirat, la parquetière, les séquelles de l'opération à coeur ouvert. Il avait déjà la tête baissée, ce Hamed. Il l'avait carrément enfoncée dans sa poitrine menue et frêle comme un oeuf frais. Toute la honte était alors née à ce moment. Il a dû penser qu'il pouvait être Ali, le fils de la victime. Il aurait peut-être même été le procureur pour réclamer contre lui-même «perpète». Il aurait voulu parler. Il aurait voulu laisser son coeur parler. Mais avec le casier qu'il traîne à ses chevilles il a préféré plutôt évoquer comment il avait été maîtrisé, ligoté, frappé, agressé, «mahgour» par ces gens chez qui il était entré voler. Auparavant, le président de la section correctionnelle du tribunal de Bir Mourad Raïs (cour d'Alger) voulait prendre les coordonnées de Hamed. Ce dernier allait finir par un sec et sérieux:
-«Monsieur le président, je travaille au Sud et je...». Chebli l'attendait au virage:
-«Oh là! oh là, du calme. Vous bossez au Sud et vous aviez volé à Alger en 2009, 2010, 2011 et même au tout début de 2012. Peut être que vous travaillez au Sud de Bir Mourad Raïs'»
Ce juge a l'art de balancer des calembours histoire de montrer à ceux qui doivent rendre des comptes qu'il n'est pas facile à mâcher!
L'inculpé enfonce le clou: «Je suis électricien industriel! Et j'étais venu en congé lorsque...»
-Pourquoi vous aviez pris le risque d'entrer chez la famille d'El Hadj que vous aviez agressé'» ajoute sans sourire le juge.
-«Je ne me souviens pas de grand-chose. Monsieur le président je n'ai en souvenir que comment je m'étais introduit chez ces gens qui n'avaient pas le droit de m'écraser. Ils m'ont ligoté. Ils m'ont rossé sauvagement. Ils m'ont donné des coups de pieds partout. J'ai été battu jusqu'à ce que j'eu entendu: «"Arrête arrête il a eu son compte!"» avait enchaîné l'inculpé plus que confus...
-«Vous ne vous souvenez que de ce qui vous arrange, inculpé ça va, le tribunal vous a assez entendu Hadj. Alors que s'est-il passé en début de la semaine écoulée' Soyez calme et si vous n'êtes pas bien, nous prendrons nos responsabilités», avait enchaîné Chebli qui a eu l'honnêteté d'inviter le vieillard arrivé depuis le banc, appuyé sur l'épaule de son fils, à s'asseoir sur le banc réservé aux avocats. Un geste somme toute banal mais qui a toute une valeur morale pour les justiciables qui regardaient avec une certaine amertume Hamed qui continuait à marmonner des mots du genre: «Pourquoi n'a-t-on pas poursuivi mes agresseurs ici présents'» El Hadj va passer trois bonnes minutes à raconter l'horreur vécue chez lui, alors qu'il dormait harassé par les séquelles de son opération.
«J'étais allongé lorsque j'ai entendu du bruit que je n'avais pas l'habitude d'entendre. Je n'ai même pas eu le temps de réaliser lorsque j'ai ressenti des douleurs sur mon corps. Et lorsque j'ai vu mon sang couler à flots, j'ai hurlé le prénom de mon fils qui s'était précipité et couru derrière mon agresseur lequel avait chuté sur les marches d'escalier. Maîtrisé rapidement, le malfaiteur avait été ligoté. Il était visiblement ivre mort. Je n'étais pas bien du tout. Jusqu'à ce dimanche devant vous, je me sens très mal. Il m'a massacré. J'aurais pu être son papa. Qu'est-ce donc que cette période où l'indulgence est absente' Il est venu voler, OK. Pourquoi s'en est-il pris à moi'» avait rugi entre les lèvres le vieux papa qui venait franchement de «requérir» sa cause, Naïma Amirat, la représentante du ministère public, n'ayant fait que réclamer sept ans ferme!» Entendu à son tour, Ali le fils d'El Hadj a repris la même version que le paternel sans haine ni rancoeur car visiblement, Hamed avait eu son compte «at home» chez les gens qu'il a blessés en entrant chez eux par effraction et à main armée causant des blessures pouvant être fatales! Avant que le président n'annonce la date du verdict mis en examen, Maître Chaouki Benarbia et, avant même que Amirat ne se lève et joue son rôle, avait demandé spontanément pour la victime, les dommages et intérêts que prévoit la loi.
Avant de quitter la salle d'audience, El Hadj avait rajouté en direction du juge: «Le couteau en l'air il m'a dit que ce jour était celui de ma mort tout en m'assénant de lourds coups à l'aide de l'arme blanche.» Toute l'assistance avait entendu...
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