Alger - A la une

"Romy's salon", la maladie racontée à hauteur d'enfant



Romy's Salon, de la réalisatrice néerlandaise Mischa Kamp, était l'une des dernières ?uvres projetées aux 6es Journées du film européen, programmées du 4 au 11 novembre à la cinémathèque d'Alger. Adapté d'un roman éponyme de l'écrivaine néerlandaise Tamara Bos, le long-métrage germano-néerlandais, sorti en 2019, traite du délicat sujet de la maladie d'Alzheimer du point de vue d'une fillette, Romy, dont la grand-mère, Stine, est atteinte.Les jours se suivent et se ressemblent dans cette petite bourgade des Pays-Bas pour la petite fille et sa grand-mère d'origine danoise. Propriétaire d'un salon de coiffure, Stine s'occupe de sa petite-fille ? dont les parents sont en instance de divorce ? qui, en retour, l'aide en effectuant de menues tâches après l'école, comme préparer le café et le servir aux clientes, balayer... Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes si Stine n'avait pas quelques difficultés financières, quand bien même son salon ne désemplirait pas. Narré par la petite Romy, ce quotidien est perturbé par des détails que la fillette est la seule à remarquer : Stine se met à parler en danois, oublie le nom des choses les plus simples, se trompe en rendant la monnaie à ses clientes... Pourtant, la complicité entre grand-mère et petite-fille est grandissante. Maligne, vive et alerte, Romy veille désormais sur Stine, s'occupe elle-même des clientes et de la maison, jusqu'au jour où la grand-mère est internée dans un hospice après qu'on lui a diagnostiqué un début d'Alzheimer.
Ne comprenant pas tout à fait la maladie, même si elle voit bien que Stine n'est plus ce qu'elle était, Romy se montre plus humaine que les adultes, en premier lieu sa mère. Son amour inconditionnel pour sa mamie apporte un peu de douceur face à la tragédie de la maladie. Mischa Kamp fait de ce drame, qui traite des relations familiales, de l'égoïsme des proches, de l'euthanasie ? même si le sujet et survolé ? et du quotidien des personnes atteintes de la maladie, un petit moment de bonheur pour le spectateur, à travers Romy, qui, de par sa gaieté et son innocence, arrive à adoucir un tant soit peu l'inéluctable dégénérescence de Stine, symbolisée, du reste, par la démolition de son salon de coiffure. Dans sa lancée, et l'espoir, sûrement, de voir Stine guérir de ce mal qu'elle ne comprend pas, elle échafaude un plan pour se rendre dans la ville natale de sa grand-mère, au Danemark.
Là-bas, se trouve en effet une plage à laquelle Stine rêvait de se rendre depuis de nombreuses décennies. Plusieurs heures de route et des moments de complicité plus tard, la grand-mère semble se sentir mieux, baignée dans une nostalgie et le bonheur de revenir au bercail. L'amour que porte la petite fille à la grand-mère est le noyau de ce film poignant, qui met en parallèle le détachement de la mère face à la maladie de Stine. Sans faire dans le pathos, il aborde de manière intelligente et subtile la souffrance des personnes âgées et séniles. La réalisatrice laisse entrevoir dans ce drame une petite lueur d'espoir, pourvu que les personnes atteintes d'Alzheimer ou d'autres maladies soient entourées d'amour.

Yasmine Azzouz
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