Le violent séisme qui a frappé Haïti faisant, selon des estimations, près de 200'000'victimes dont 50'000 cadavres déjà recensés et transformant un pays, manquant déjà cruellement des infrastructures les plus élémentaires, en champ de ruines, a suscité un vaste mouvement de solidarité et de compassion de la communauté internationale. Pays pauvre parmi les pauvres, Haïti est réduit, faute de moyens, à attendre tout de l'aide extérieure. Les scènes de cohue indescriptible au sol qui rabaissent l'homme au rang de l'animalité devant les scènes de largage des vivres par voie aérienne, où l'on se dispute à coups de machette une bouteille d'eau minérale, sont difficiles à soutenir. Si les spécialistes sont formels pour dire qu'on ne peut pas scientifiquement prévoir un séisme, cela ne signifie pas pour autant qu'il faille capituler devant Dame Nature et se résigner à la fatalité. L'histoire récente des séismes enregistrés en divers points du globe a montré qu'un séisme de même intensité pouvait avoir un effet dévastateur dans un pays et ne générer, au contraire, que des dégâts mineurs dans un autre, mieux préparé pour affronter le risque sismique.Ce n'est pas parce que Haïti ou bien l'Algérie, puisque ce nouveau drame nous interpelle fortement en tant que pays traversé par des failles sismiques scientifiquement établies, ne sont pas comparables au Japon qui a réussi à transcender et à domestiquer le phénomène qu'il n'y a rien à faire pour s'en prémunir. L'Algérie avait été secouée, par le passé, par de violents séismes dont le dernier en date est celui de Boumerdès. Du fait de la spécificité de la carte sismologique de l'Algérie, connue et reconnue comme étant un pays fortement sismique, d'autres secousses peuvent survenir à n'importe quel moment. Un récent document, résultat de travaux de scientifiques, a montré qu'aucun bâtiment officiel ainsi que tout le tissu urbanistique d'Alger sera totalement détruit en cas d'éventuel séisme de forte intensité dans la capitale, laquelle est située, comme on le sait, sur une importante faille sismique. L'Algérie est-elle aujourd'hui parée pour faire face à ce phénomène' ' Tous les enseignements du passé ont-ils été tirés pour mieux se prémunir contre les aléas de la nature' ' Depuis le séisme de Boumerdès, des mesures sévères ont été prises en ce qui concerne les normes de construction antisismique. Mais est-ce suffisant quand on sait que tout le bâti hérité depuis l'indépendance n'a pas précisément pris en compte ce paramètre' ' En attendant que l'Algérie se mette à niveau par rapport au risque sismique, qu'est-il fait au niveau de la sensibilisation des citoyens pour la conduite à tenir face à ce phénomène' ' Existe-t-il un plan Orsec spécifique pour l'organisation des secours' ' A-t-on songé à former en quantité suffisante des praticiens en médecine de catastrophe ainsi que des secouristes spécialisés pour les interventions dans pareilles situations' ' Autant de questions qui renvoient à la mise en place d'une politique de prévention et de gestion du risque sismique. Rien ne laisse croire que cette préoccupation est prise sérieusement en charge dans l'action gouvernementale.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Omar Berbiche
Source : www.elwatan.com