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« Rihet l'bled »



« Rihet l'bled »
Apour nous imprégner des conditions d'accueil qui sont réservées aux Algériens installés à l'étranger venus passer les vacances au pays, nous avons effectué une petite virée à l'aéroport international d'Alger. Le « chez-soi » ou « rihet l'bled » sont autant de motifs incitant de nombreux Algériens à revenir au pays pendant l'été pour un séjour leur permettant de se replonger dans un passé lointain. D'ailleurs, dès qu'ils franchissent la sortie, où ils retrouvent les membres de leurs familles, ils ont le sourire. « Dieu Merci, nous dira Abderrahmane qui vient d'arriver de Londres. Je rentre au pays avec mon conjoint et mes enfants passer quelques jours, histoire de me ressourcer et de permettre à ma progéniture de connaître ses proches. Je suis installé là-bas depuis 1988. Aujourd'hui, je peux m'enorgueillir d'avoir réussi, même si l'Algérie me manque énormément. »A leur arrivée, les émigrés, de toutes catégories d'âge, se dirigent vers les postes où ils pourront récupérer leurs bagages. Ils viennent de différentes pays mais partagent le même sentiment, la joie de retrouver la mère patrie. L'avion en provenance de Marseille atterrit. A l'intérieur du hall, les voyageurs affichaient déjà un air de soulagement. Pour Omar, un sexagénaire, adepte des voyages, « rien ne vaut l'ambiance de Laâkiba, de Belcourt et de La Casbah. C'est une bouffée d'air frais que de se savoir chez soi. Je prends l'avion au moins deux fois par an. J'ai décidé de m'installer en France du temps de l'insouciance. Certes, ce fut un peu difficile, mais ensuite le train a pris son chemin en toute harmonie. Avec un peu de volonté et de bon sens, on arrive à s'intégrer facilement sans pour autant renoncer à son pays natal », lance-t-il d'un air joyeux. Il recommande aux jeunes tentés par l'émigration de réfléchir doublement avant de faire ce choix car le « paradis » n'est pas forcément « ailleurs ».« Ailleurs, ce n'est pas chez-soi »Brahim, quant à lui, tient à préciser que les Algériens résidant à l'étranger souffrent le martyre pour trouver un emploi et un toit. « On vit dans des HLM. On est livré à nous-mêmes. Les étrangers sont regroupés dans les mêmes lieux dans le but de les éloigner des grandes villes. Certes, on gagne notre vie à la sueur de notre front, mais le fait d'être loin des nôtres continue à peser sur notre existence. Il n'est pas évident qu'avec la crise financière qui frappe l'économie mondiale, que nos compatriotes installés un peu partout dans le monde puissent se permettre de rentrer au pays chaque année », souligne-t-il, tout en confirmant qu'il ne regrette aucunement son choix.Hiba, heureuse de se confier à la presse, affirme que le destin a voulu qu'elle se marie et qu'elle s'installe en France. Elle souligne que les temps ont changé et les moyens de communication permettent aujourd'hui d'entretenir des liens avec les proches. « Lorsqu'on prend la décision d'émigrer, il faut trouver la force d'avancer pour s'intégrer, et inutile de regarder derrière. La nostalgie est un sentiment que l'on cherche parfois à cacher au fond de soi et qui pourtant est intrinsèquement fondamental », soutient-elle. Dahbia partage le même avis, en relevant qu'elle ne manque jamais le mariage de ses neveux ou de ses petits-enfants. Elle veille à ne pas couper le cordon ombilical avec son pays. Elle fera remarquer, toutefois, que bien qu'elle se sente en confiance en France, la cuisine algérienne lui manque. « Ah le délicieux couscous de mon bled. Les parfums, la douceur du climat. On a du mal à décrire tous ses sentiments profonds », confie-t-elle. Mounir est, lui aussi, très content de fouler le sol de son pays, en indiquant sur un ton ironique qu'il transporte de lourds bagages dans son chariot car, « tout bon émigré se doit d'offrir aux proches des cadeaux lorsqu'il vient au bled ».« C'est presque obligatoire », lance-t-il en expliquant que les produits venus de l'Occident sont toujours appréciés. Le « mal du pays » oblige plus d'un à prendre l'avion pour voir ses proches. C'est le cas d'ailleurs de Mounia qui dit qu'elle fait des économies tout au long de l'année pour pouvoir venir en été. Objectif : revenir à un passé où la vie était meilleure et moins complexe. « Je ne voyais pas ma vie ailleurs, mais le destin en a voulu ainsi. Ça semble illogique, mais ailleurs, on n'est pas chez-soi », regrette-t-elle. On ne peut quitter le lieu sans souligner que l'aéroport international Houari-Boumediène s'est doté d'outils extrêmement performants, d'un personnel bienveillant pour que toute l'opération d'accueil se déroule dans de bonnes conditions. Il compte toutes les commodités nécessaires pour les passagers, à savoir cafés, boutiques, banques, espaces détente. Rien n'est laissé au hasard.
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