Alger - A la une

Révision de la constitution algérienne: beaucoup de bruit pour rien, selon les partis politiques



Révision de la constitution algérienne: beaucoup de bruit pour rien, selon les partis politiques
En confirmant une prochaine révision de la Constitution, le Premier ministre, M. Abdelamalek Sellal, a remis sur le tapis un dossier très attendu, et donc très suivi. Mais l'engouement pourrait tourner court, comme en atteste les réactions circonspectes des partis politiques, interrogés par Maghreb Emergent au lendemain de la déclaration fait par M. Sellal lors de l'ouverture de la session parlementaire de printemps, lundi 4 mars,
La montagne risque bien d'accoucher d'une souris. Le projet de loi portant révision de la constitution, annoncé en grande pompe par le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, le 15 avril 2011 dans son discours de la Nation, suscite aujourd'hui indifférence et méfiance dans les rangs des partis politiques, pourtant appelés à donner leurs avis, comme l'a indiqué le Premier ministre, M. Abdelamalek Sellal. Des discussions ont été menées avec 27 partis politiques siégeant au Parlement, qui ont soumis des propositions, lesquelles ont été transmises à la commission chargée de préparer le projet de loi portant révision de la Constitution installée au niveau du gouvernement, a expliqua M. Sellal en marge de la session parlementaire de printemps, ouverte officiellement lundi 4 mars.
Quant à savoir ce qui s'est dit, patience. « Quand le projet sera rendu public, nous parlerons du contenu », a ainsi déclaré à Maghreb Emergent le porte-parole du FLN, M. Kassa Aïssa. « Le reste est une question de processus », a-t-il ajouté face à notre insistance pour plus d'informations. « Le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, n'a fait que rappeler les dispositifs prévus dans la Constitution, à savoir que tout amendement touchant aux fondements de l'Etat et aux équilibres des pouvoirs doit faire l'objet d'un référendum ».
Insatisfaits, le PT et le FFS boudent le projet
Si du côté du FLN, l'heure n'est pas encore au débat, le PT regrette, lui, l'absence de débat. « Nous avons toujours plaidé pour que le changement constitutionnel intervienne après un débat général avec la société civile, les syndicats, etc., », soutient Ramdane Youssef Tazibt, député du Parti des travailleurs. Pour autant, cette question n'est pas une priorité pour le PT qui estime que « la révision de la Constitution devrait avoir lieu après l'élection présidentielle de 2013 ».
De l'avis du député du Front des Forces socialistes (FFS), Arezkhi Derguini, le projet de révision de la Constitution serait même un « travail de diversion ». « Ce projet de révision de la Constitution est central et important, or tout est fait pour fermer le sujet, et en détourner l'opinion publique », a-t-il déclaré à Maghreb Emergent. En l'absence de perspective de débat, le FFS a donc choisi de ne pas participer à la commission chargée de rédiger une première mouture des amendements. Et l'opinion, elle, commence à se demander si ce changement tant annoncé n'a pas déjà avorté.
Tweet
Partager
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)