
La sélection algérienne a bouclé le Championnat du monde de handball, qui s'est s'achevé à Doha (Qatar), à la dernière place du classement. El Watan Week-end tente d'expliquer le ratage des Verts.Et dire qu'une année auparavant, la sélection de Réda Zeguili trônait sur le toit de l'Afrique après avoir remporté haut la main son septième titre africain devant la Tunisie à la salle Harcha d'Alger. Mais il s'avère aujourd'hui que la sélection a très mal géré «l'après-consécration». L'équipe n'a débuté la préparation qu'au mois d'août : «On a perdu sept à huit mois de préparation. Ce qui est inexplicable, quand on a l'objectif de jouer un Championnat du monde», indique l'ex-joueur Abdeslam Benmaghsoula et actuel président du HBC El Biar.Notre interlocuteur a aussi relevé que le niveau de la préparation et son contenu n'étaient pas à la hauteur de l'événement mondial : «La préparation s'est faite qu'avec les joueurs locaux, et ce, pratiquement à un mois seulement du début de la compétition. Ceci a forcement influé sur le rendement de l'équipe et son homogénéité. A mon sens, on aurait pu rassembler les joueurs qui évoluent en France, dès l'été. Ce qui n'a pas été fait. Ce n'est qu'à partir de décembre que les professionnels ont rejoint le groupe.»DéfectionsPour l'ancien joueur de l'équipe nationale et actuel président de Groupement sportif des Pétroliers (GSP), Djaffar Belhocine, l'Algérie a failli dans ce Mondial en raison de l'absence d'un catalyseur du jeu de l'équipe. «L'absence d'un demi centre de métier et les blessures de Kader Rahim et Amar Chahbour, la veille du départ de l'équipe, ont été très préjudiciables.L'équipe a été complètement déséquilibrée parce qu'il n'y avait pas ce catalyseur en attaque qui pouvait permettre aux arrières d'être efficaces et qui pouvait mettre ses coéquipiers dans de bonnes positions de tir favorables. C'est pour ça qu'on n'a pas trop vu Berkous, les arrières Beloum et Beriah.»Pour Abdeslam Benmaghsoula, il aurait été peut-être plus judicieux d'entraîner un autre joueur à ce poste lors de la période de préparation, malheureusement cela n'a pas été fait. La défense a été aussi l'autre maillon faible au Qatar, a-t-il tenu à préciser : «La force de l'Algérie par le passé était sa défense. Malheureusement, on a vu ce compartiment complètement dépassé à Doha.»Pour Djaffar Belhocine, il y a eu aussi un grand problème après le départ à la retraite de Hicham Boudrali, au lendemain du Championnat d'Afrique de 2014. «L'équipe n'a pas retrouvé sa stabilité au niveau de l'axe central. Car malgré toute la bonne volonté de Filah et tout son engagement, il n'a pas pu répondu à l'exigence de ce poste et être efficace comme l'avait été Hicham Boudrali lors du Championnat d'Afrique», note-t-il.PrimesAprès le sacre africain décroché à la salle Harcha, les joueurs de la sélection ont attendu presque onze mois pour recevoir leur prime de champions d'Afrique après l'intervention de ministre des Sports, Mohamed Tahmi, et le président du COA, Mustapha Berraf. «Après le trophée africain, on n'a plus vu le président Bouamra. Ce dernier a réapparu seulement quelques jours avant notre déplacement pour le Championnat du monde, suite au problème de prime (500 000 DA) de champions d'Afrique qui a été soulevé par les joueurs.Sur ce sujet, je précise qu'il ne s'agissait pas d'un chantage, mais d'une prime qui n'a pas été versée. Après notre sacre, le président de la FAHB nous avait promis beaucoup de choses. Comme par exemple l'organisation de tournois internationaux à Alger avec la présence d'équipes de haut niveau, en vain», indique le désormais ancien gardien de but, Abdelmalek Slahdji.Les relations tendues entre l'entraîneur national, Réda Zeguili, et le DTN Habib Khraifia ont également influé sur la préparation de l'équipe. «Cette crise a été étouffée par la FAHB, mais a fini par éclater. Pourtant c'était au président Saïd Bouamra d'intervenir afin de mettre fin à cette tension. Malheureusement c'est dans cet esprit malsain que nous avons préparé le Championnat du monde», ajoute le gardien des Verts. Et cela l'équipe l'a payé cash dès le premier match face à l'Egypte avec 14 buts d'écart, ce qui avait complètement déstabilisé les coéquipiers de Berkous.ResponsabilitésLe gardien de but des Verts a déclaré qu'il assumait sa part de responsabilité dans l'échec de l'équipe : «La responsabilité de notre déroute au Mondial du Qatar est collectif, la FAHB, l'entraîneur et les joueurs.» Le président de la Fédération, Saïd Bouamra que nous avons sollicité, a préféré réserver la position de son instance pour plus tard, mais dans le communiqué daté du 1 février dernier et signé en son nom, il a notamment tenu à préciser qu'il était «très regrettable, voire déplorable que les résultats réalisés sont non seulement de loin les plus mauvais de la participation algérienne au Mondial et qu'ils restent en deçà des moyens mobilisés».Le même communiqué a mentionné que «tous les moyens logistiques et matériels ont été réunis grâce aux efforts consentis par la FAHB et particulièrement le ministère des Sports et le Comité olympique algérien ainsi que les sponsors qui sont Ooredoo et le groupe Benamor». Le président de la première instance du handball algérien a ajouté dans le même communiqué que l'équipe avait bénéficie de «stages et tournois à l'étranger ponctués par 21 rencontres avec différentes équipes de haut niveau», tout en indiquant que «l'entraîneur national a exercé sa mission en tant que seul responsable du staff, du choix et de la direction des joueurs, du contenu et de la qualité de la préparation, sans aucune ingérence de n'importe quelle partie que ce soit.»AvenirC'est l'éternel recommencement, dit la famille du handball, qui affiche son inquiétude après chaque revers, mais on ne tire jamais les bonnes leçons des échecs. «Tant qu'on ne dira pas que le handball est aujourd'hui juste moyen et qu'il faut une véritable stratégie sur le moyen terme, on ne pourra jamais aller de l'avant. Il faudra prendre en charge les jeunes catégories des U15 et U17, ce qui sont actuellement âgés entre 14 et 16 ans, leur donner un volume de travail du niveau de l'équipe nationale par des stages répétés et des compétitions et tournois internationaux.Ce n'est que comme ça que l'on pourra préparer cette génération à être au niveau international. C'est comme ça qu'on forme une équipe de jeunes à intégrer une équipe nationale. Ce cheminement malheureusement n'existe plus depuis dix ans. L'équipe d'Egypte d'aujourd'hui, c'est celle qui s'est classée 4e lors des Championnats du monde des U19 de 2011 et cette sélection vise les JO de 2016. Le handball mérite plus d'attention de l'Etat, car c'est le seul sport collectif qui peut se frayer un chemin mondial», ajoute Abdeslam Benmaghsoula.Djaffar Belhocine est plus sceptique et le dit : «Il n'y a pas de projection sur l'avenir. Le long terme c'est presque de la ?science fiction' pour nous. Aujourd'hui, c'est la fin du Mondial. Je mets au défi tous les membres de la Fédération de nous donner une date où l'Algérie est inscrite pour un futur tournoi. On travaille au jour le jour. C'est vous dire.» Il va plus loin, en mentionnant que le sport aujourd'hui se compose avec des gens qui n'ont rien à voir avec et qui, en plus, sont aidés par les textes. Ce qui n'est malheureusement pas faux.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Chafik Boukabes
Source : www.elwatan.com