Alger - A la une

Retour à une vie politique saine



Le retour du Président à Alger met fin à toutes les spéculations et les polémiques. Sa volonté de voir les uns et les autres respecter sa vie privée n'a pas été respectée comme en 2005. Sa fonction présidentielle et les appétits de «jeunes» loups ont fait dériver les débats. Il fallait s'y attendre et s'était de bonne guerre, diront certains. Maintenant qu'il est clair pour tous qu'il n'y aura pas d'élection présidentielle anticipée, les Algériens auront-ils droit à un vrai débat politique autre que celui qui se profile dans les salons d'Alger, à savoir «tout sauf Boutef». Cette tendance qui s'annonce comme étant «lourde», va peser sur des débats qui ne seront ni sain ni serein.La classe politique ayant fait, dans son ensemble, la preuve de son incapacité à influer sur l'opinion, va recadrer son discours sur des débats qui n'intéresseront encore une fois que les militants. Les préoccupations des citoyens se dirigent à chaque fois non pas vers les vertus de la séparation et des équilibres des pouvoirs mais vers une meilleure redistribution de la rente et une justice sociale plus ancrée dans la pratique du gouvernement.
Il est regrettable que les hommes et les femmes politiques ainsi que les professionnels des médias se soient focalisés sur des détails parfois macabres au lieu de penser l'avenir. La crédibilité des uns et des autres a été mis à rude épreuve. Le président Bouteflika finira par mourir un jour comme nous tous et l'annoncer tous les jours n'est pas une preuve de crédibilité mais juste dans l'air du temps car ça finira bien par arriver. Tout comme annoncer son retour à Tlemcen ou à Constantine, tous les jours que Dieu fait, a finit par lasser et décrédibiliser les «journaux indépendants et à gros tirage». A cela, il convient d'ajouter la présence de Missoum Sbih à l'Iftar offert par le ministre des Affaires étrangères français aux ambassadeurs musulmans accrédités à Paris.
Autant de claques, de discrédit et de démentis pour ceux qui ont choisi la rumeur et la désinformation comme armes politiques. La réalité est têtue et le mensonge ne dure pas même s'il peut entretenir le doute un moment. Comme en 2005, la maladie du Président qui se soigne révèle une maladie typique du système politique algérien. L'opposition n'a pas de crédit et le gouvernement non plus.
Cette dure et amère réalité devrait pousser les uns et les autres à une profonde remise en cause. Si la communication institutionnelle est mauvaise ou médiocre, elle n'a empêché aucun titre de la presse publique ou privée d'avoir des envoyés spéciaux là où se passe l'événement pour le vérifier, l'accréditer ou le démentir. Nos experts es «article 88» devrait se demander comment Roosevelt à mener et gagner la Seconde Guerre mondiale à partir d'une chaise roulante.
Encore une fois hélas, la bataille pour les suffrages va s'enclencher avec de piètres acteurs. Les tenants du changement ont conforté, à travers un amateurisme déplorable, les tenants du système actuel. En politique comme lors d'un match de boxe, on peut gagner aux points et par KO. Les citoyens, arbitres lors des suffrages universels, vont encore une fois traiter les journalistes de menteurs sans aucune prise en compte des propos de l'opposition.
Cette maladie de notre société de «l'information» et de notre démocratie est bien plus grave et plus durable que celle de n'importe quel homme politique quel que soit sa responsabilité et les charges qu'il occupe. C'est à cette maladie que nous devons trouver les meilleurs soins et les plus rapides. Car il est grand temps que l'on revienne à une vie politique saine, faite de débats d'idées, de convictions et basée sur des valeurs. Autrement, la rumeur et la corruption seront les deux seuls vecteurs d'accession au pouvoir. Cela serait les attributs d'un Etat faible.
A. E.
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