L'expert en économie, le Dr Houari Tigharsi, a estimé, hier lundi à Alger, que la décision prise par l'Algérie de réviser l'Accord d'association avec l'Union européenne (UE) traduit une nouvelle vision visant à reformuler les relations économiques entre les deux parties, loin des arrière-plans politiques ou circonstanciels.«La décision prise par l'Algérie de réviser l'accord d'association avec l'UE est le résultat d'une volonté politique de haut niveau, notamment à la lumière des conditions financières et économiques plus stables de l'Algérie», a-t-il indiqué. Précisant que l'Algérie de 2025 dispose d'atouts économiques qui lui permettront de renégocier l'Accord de manière à garantir ses intérêts et à maintenir l'équilibre de la relation entre les deux parties.
L'Algérie, a-t-il dit, est passée d'un pays fortement importateur de produits tels que les engrais, les denrées alimentaires et les voitures, à un pays capable de satisfaire ses besoins internes et même de dégager un excédent pour nombre de ces produits. «Cette transformation place l'Algérie dans une position économique plus forte et lui donne la possibilité de négocier avec l'UE en fonction de ses propres intérêts», a-t-il ajouté. Faisant observer que l'UE n'a pas respecté un certain nombre de clauses fondamentales stipulées dans l'Accord de partenariat, ce qui a grandement affecté l'efficacité de la coopération entre les deux parties, en particulier le transfert de technologie et la coopération dans les secteurs vitaux.
Intervenant sur les ondes de la Chaîne I de la Radio nationale dont il était l'invité de l'émission ?'L'invité du matin , cet économiste a fait savoir que cette décision traduit la forte volonté politique de l'Etat algérien sous la conduite du président de la République Abdelmadjid Tebboune. «Avec les développements actuels en Algérie, il est devenu nécessaire de reformuler l'accord d'association avec l'UE d'une manière qui soit en adéquation avec les exigences de la nouvelle Algérie, qui a besoin aujourd'hui d'un partenariat basé sur l'égalité et la parité, et qui réponde aux besoins de développement et de diversification économique du pays», a-t-il dit. Faisant observer que la révision pourrait être un nouveau départ pour une phase de coopération et de dialogue constructif qui assure le bénéfice de tous.
L'Algérie, a poursuivi Dr Houari Tigharsi, avait besoin de véritables partenariats dans des domaines tels que le transfert de technologies, l'éducation, l'industrie et les énergies renouvelables.
«Le partenariat avec l'UE devrait inclure un soutien réel dans ces domaines, plutôt qu'un simple flux de produits et de biens européens», a-t-il fait remarquer.
Relevant qu'aujourd'hui, 50 % des échanges commerciaux de l'Algérie se font avec l'Union européenne et là aussi il n'y a pas d'équilibre, puisque l'Algérie enregistre des pertes estimées à plus de 5 milliards de dollars annuellement, ce qui est considéré comme une grande injustice et cette relation doit être corrigée.
Pour cet économiste, l'UE n'a pas suffisamment contribué à accompagner notre pays dans les domaines de la transformation technologique, comme la numérisation, les énergies renouvelables, l'investissement direct et l'encouragement des mouvements de capitaux, puisque les investissements directs européens sont restés limités, notamment dans les secteurs stratégiques comme l'agriculture.
«Le partenariat avec l'UE doit inclure un véritable soutien dans ces domaines, plutôt que le simple flux de produits et de biens européens», a-t-il ajouté. Faisant remarquer qu'en termes d'investissements, l'UE devrait soutenir les secteurs non pétroliers de l'Algérie, tels que l'agriculture, l'exploitation minière et l'industrie, et ouvrir de nouveaux horizons pour soutenir le développement durable dans ces secteurs.
L'invité de la Chaîne I de la Radio nationale a également mis en avant l'absence de soutien suffisant au développement et à l'accompagnement du secteur agricole et minier.
«L'Union européenne n'a pas montré un réel intérêt à accompagner l'Algérie dans ces secteurs, qui sont considérés comme l'un des principaux moteurs de l'économie algérienne».
Rabah Mokhtari
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Rédaction LNR
Source : www.lnr-dz.com