Alger - Revue de Presse

Résistance au quotidien



Dans un contexte politique devenu bien difficile, la société civile tente de faire entendre sa voix. Comme elle peut. C?est une véritable course contre la montre qu?engagent, à coups de pétitions, une poignée de gens avisés pour que soit préservée l?intégrité du parc d?El Kala que menace le passage de l?autoroute Est-Ouest. Car pour vivre, l?exceptionnelle faune et flore de ce lieu unique dans le pays a besoin de l?équilibre de la nature et de tous ses habitats intégrés. Mais l?Etat fait la sourde oreille et le ministre des Travaux publics a déjà annoncé la couleur : rien ne sera changé. La raison est bien simple : l?autoroute Est-Ouest est un chantier stratégique inscrit au chapitre des réussites du second mandat de Bouteflika. Aucun retard de livraison ne sera donc toléré. Et puis, l?écologie n?a jamais été le grand souci de nos gouvernants. Il a fallu, souvenons-nous, un énorme tapage pour que les pouvoirs publics mettent le holà au braconnage de l?outarde Houbara par les émirs du Golfe. Il est vrai qu?en ce temps-là, il n?y avait pas d?enjeu politique majeur. Mais le volatile n?est pas pour autant sauvé car s?il est relativement facile de contrôler les prédateurs étrangers, il est bien difficile de surveiller ceux de chez nous. Autres lieux, autres combats. Flambant neuf, l?édifice de la cour d?Alger a vu trois cent robes noires observer un sit-in de protestation contre les violations des droits de la défense. Déclic salutaire. La plus grave des injustices n?est-elle pas de laisser les citoyens face à face avec des juges sans la précieuse aide des avocats ? A la maison de la presse Tahar Djaout, un carré de citoyens pour une remise de prix à deux journalistes par le Comité Benchicou pour la Liberté. Journaliste local à El Watan, Abdelhak Belardiouh a été poussé au suicide à la suite du harcèlement que lui faisait subir la maffia locale dont il avait dénoncé dans ses écrits les agissements. Journaliste syrien, Michel Kilo a été arrêté pour ses articles et ses prises de position par le pouvoir de Damas. Il purge une peine de trois ans de prison. A la cérémonie, un petit carré de citoyens, des jeunes et quelques moins jeunes, grandes figures de la résistance citoyenne. Parmi eux, Ali Yahia Abdenour et Hocine Zehouane, une vie entière au service des droits de l?homme. En cinquante ans, ils n?ont reculé devant aucune oppression et sont toujours de tous les combats. Le commandant Azzedine, aux sept blessures, a fait plier des généraux français à la tête du commando Ali Khodja de la Wilaya IV. Inconsolable depuis la perte de son frère de combat, le colonel Salah Boubnider, il ne trouve plus les mots qu?il faut pour crier toute sa colère contre les injustices. Mais à leurs côtés, une nouvelle génération se bat et surtout apprend à se battre. D?elle viendra le changement tant attendu.
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