Alger - A la une

Résidents : marche et sit-in à l'hôpital Mustapha



La police a utilisé des canons à eau pour empêcher les médecins manifestants de sortir dans la rue.Respectant les termes de l'instruction interdisant les marches publiques à Alger, les médecins résidents ont préféré organiser, hier, une manifestation de protestation pacifique dans l'enceinte de l'hôpital Mustapha-Pacha d'Alger. Les médecins en grève ont, en effet, tenu un sit-in, suivi d'une marche à l'intérieur du plus ancien hôpital du pays. Les contestataires se sont donné alors rendez-vous sur la Placette centrale du CHU.
Cette place, très prisée des contestataires, était déjà occupée, dès la matinée d'hier, par des voitures du personnel de l'hôpital. "Même cette placette au niveau du rond-point nous a été confisquée par l'administration, et ce, pour nous empêcher de manifester. Mais nous sommes là et nous continuerons à protester jusqu'à l'aboutissement de notre cause", lâchera le Dr Taïleb avant que d'autres médecins contestataires rallient le mouvement de protestation.
Sur sa lancée, notre interlocuteur nous prend à témoin pour dénoncer les interpellations de ses confrères. "Pas moins de 400 résidents ont été interpellés ce matin (Ndlr : hier matin), histoire de les empêcher de participer à l'action de protestation prévue à l'hôpital Mustapha. Ces arrestations ont été opérées par des policiers au Caroubier, à la gare de l'Agha ainsi qu'en différents endroits de la capitale. Ce sont, pour la plupart, des médecins résidents venus de Tizi Ouzou, de Constantine, d'Oranie et d'ailleurs. C'est une manifestation nationale." En attendant la mise en branle de la marche à l'intérieur du CHU, des brigades antiémeutes se sont déployées en grand nombre devant l'accès principal de l'hôpital. Des ordres formels semblent avoir été donnés pour empêcher les spécialistes en formation de sortir battre le pavé du boulevard Hassiba-Ben Bouali.
Les manifestants brandissaient des banderoles sur lesquelles on pouvait lire : "Camra = grève, solidarité, unité et dignité." Ils ont scandé des slogans dénonçant la situation dramatique des hôpitaux. "Y en a marre des promesses non tenues. Nous n'avons pas de moyens." Vers 11h, les médecins grévistes ont entamé la marche de protestation en parcourant les allées du CHU Mustapha et les bâtiments abritant les 45 services de l'hôpital.
Les résidents, en dénonçant, en premier lieu, le silence de leurs aînés qui se sont confinés, dit-on, dans un silence incompréhensible depuis le début du conflit qui dure depuis près de 7 mois, scandent en ch?ur : "Le silence est une trahison. Assistants, nous vous attendons." Poursuivant leur marche jusqu'au bâtiment du CPMC, non loin de l'entrée principale, les grévistes marquent une longue halte sous le regard des policiers placés de l'autre côté du portail. Les résidents qui ont renouvelé leur engagement à poursuivre leur protestation, ont scandé des slogans hostiles à la police et à la tutelle. "Ouvrez les portes ya l'hagarine !", "Oulache smah oulach !"
À un moment donné, des contestataires ont tenté de franchir le blocus imposé en tentant de démonter carrément le portail de l'hôpital pour atteindre la place du 1er-Mai.
Les éléments antiémeutes ont alors utilisé les canons à eau pour disperser la foule. Les résidents ont poursuivi leur manifestation sans heurt, puis se sont dispersés dans le calme.
Hanafi H.
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