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Repère



Repère
La confiance est un élément important, jusque et y compris pour ceux qui doivent mettre fin à une guerre. Elle permet en tout cas d'entrevoir autrement et sous de meilleurs auspices la fin négociée d'un conflit. C'est en ce sens ce qui a été conclu, jeudi à Alger, et c'est ainsi que l'accord en question a été accueilli.Et si l'on devait y ajouter le contexte actuel qui caractérise, il est vrai, l'ensemble de la sous-région et pas uniquement le Nord-Mali, alors apparaît un prudent optimisme. Il s'agit d'un cessez-le-feu, ou pour être plus précis d'appliquer ce qui a été convenu l'été dernier en vue d'un accord au moins durable. Effectivement, le document rappelle la validité et la pertinence de l'accord de cessez-le-feu du 23 mai 2014, la feuille de route du 24 juillet 2014 et la Déclaration de cessation des hostilités du 24 juillet 2014.C'est en ce sens qu'il invite les parties maliennes à «respecter les engagements contractés» dans les précédents accords. Et parce que ce conflit a connu bien des rebondissements, cet accord est pris pour ce qu'il est : une étape dans un processus d'ensemble où tout est lié. C'est pourquoi dit-on en guise de réaction, il s'agit d'«une bonne nouvelle si tout le monde le respecte». C'est-à-dire gouvernement malien et groupes d'opposition qui ont conclu, jeudi, l'accord en question présenté comme une «Déclaration des parties au processus d'Alger» qu'il accompagne et tend à consolider.Pour le chef de la diplomatie algérienne, c'est «un engagement des parties à éviter tout acte et propos qui soient de nature à détériorer la situation sur le terrain et, par conséquent, à créer des difficultés indues et non nécessaires à ce processus de négociations». Il s'agit aussi, a-t-il insisté, d'«aboutir le plus rapidement à un accord global de paix et de réconciliation pour lequel un projet a été remis aux parties par la Médiation le mois de novembre dernier».Ramtane Lamamra a par ailleurs précisé que cette Déclaration est «exécutoire dès sa signature», donc jeudi. Parce que l'on tient nécessairement compte des expériences passées, beaucoup se montrent prudents, souhaitant toutefois une paix définitive.Et le Mali en a besoin pour envisager autrement son avenir, surtout après les récents affrontements. C'est aussi un contexte régional et même international lourd, voire même menaçant, et la présence de l'ONU en est la preuve la plus éloquente avec une déclaration du Conseil de sécurité faite le 6 février dernier parforce la Minusma, dirigée un représentant spécial du secrétaire général des Nations unies.Ce qui doit être relevé, car cela tranche et constitue même une rupture avec les périodes et les accords précédents laissés à l'appréciation des seules parties au conflit. Très certainement considérait-on jusqu'à il y a peu, il n'y avait pas de réel danger que ce conflit sorte de ses limites territoriales, ou même refusait-on de croire que la région sahélo-saharienne pouvait être déstabilisée ou servir de base de repli à des forces hostiles. Certains croyaient même que cette région était une zone tampon et même une frontière naturelle entre les parties méridionale et septentrionale du continent africain.Ou encore d'y fixer des abcès de fixation, un procédé véritablement malsain car susceptible d'entraîner toute une région dans la tourmente. L'on peut dire, sinon au moins espérer, que les choses ne sont plus les mêmes, la preuve étant le soutien apporté à la médiation algérienne. L'autre élément, c'est la présence de la force internationale qui n'a rien de symbolique puisque le texte recommande «la mise en ?uvre rapide», avec l'appui de la Minusma et en étroite collaboration avec elle, de «toutes les mesures de confiance adoptées, notamment le mécanisme visant à faciliter le cessez-le-feu». Une étape a donc été franchie jeudi à Alger.


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