
Et l'on reparle de l'Union du Maghreb arabe (UMA) toujours à ses premiers pas malgré un âge suffisamment avancé. Tout avait été dit sur cette union créée en février 1989 avec, disait-on à l'époque, plus d'atouts que d'autres ensembles régionaux. Sauf que la machine n'a jamais bénéficié de conditions politiques favorables, celles-là la prenant même en otage. Se souvient-on en ce sens de la date de son dernier sommet ' A suivre une certaine logique, l'avenir est dans les ensembles régionaux avec ce que cela suppose comme volonté politique, efforts d'intégration jusque dans les choix économiques et la levée de tous les éléments de blocage.Et si les cinq pays (Algérie, Libye, Maroc, Mauritanie et Tunisie) qui composent cet ensemble viennent à en parler jusqu'à envisager un sommet avec une date précise, cela veut-il dire pour autant que l'UMA bénéficie désormais d'un tel contexte ' Pour être plus précis, plus aucune rencontre à un tel niveau n'a pu se tenir depuis le sommet de Tunis en avril 1994, le problème, se rendra-t-on compte plus tard, n'étant pas la fermeture de la frontière terrestre entre l'Algérie et le Maroc, mais bien la volonté de ce dernier de vouloir en bloquer le fonctionnement.C'est effectivement bien lui qui avait très officiellement demandé, au mois de décembre 1995, le gel du fonctionnement de l'UMA à la suite d'un vote du Conseil de sécurité de l'ONU relatif au Sahara occidental. Rabat reprochait à l'Algérie son soutien à la lutte du peuple sahraoui pour son droit à l'autodétermination. Pourtant, croyait-on du moins, l'édification maghrébine avait été rendue possible à la suite de changement dans la position du Maroc soutenant très officiellement que le conflit du Sahara occidental ne l'opposait pas à l'Algérie et de l'ouverture de négociations avec le Front Polisario.Quant à la reprise du fonctionnement de l'UMA, Rabat l'envisageait dans le cadre de ses relations avec l'Algérie, déclarant à leur sujet qu'il n'y aura pas de normalisation des relations entre les deux pays sans règlement de la question du Sahara occidental, avec cette précision que cela devait se faire dans le cadre de «la souveraineté territoriale et de l'intégrité» du Maroc, signifiant rien d'autre qu'une reconnaissance de son occupation du Sahara occidental. La même condition était posée aux autres membres de l'UMA, récusant d'un revers une telle logique, rappelant en ce sens que les frontières du Maroc telles que reconnues par l'ONU n'ont jamais été menacées.C'était en 2002 à Alger, en marge d'une réunion ministérielle de l'UMA. Le message était clair mais cela n'a pas suffi, puisque le blocage persistait et devenait encore plus important lorsqu'on considérait certaines positions liées justement à ce choix de coopération, certains n'en étant alors pas convaincus. Et alors pas du tout, puisque l'on parlait de coopération verticale, par opposition à celle dite horizontale, comme le proposait l'ensemble maghrébin, le choix de l'Europe étant alors évident, surtout qu'une demande d'adhésion a été faite. A suivre cette logique, l'UMA n'était alors qu'une option de secours et non plus un choix stratégique.Sinon tout au plus un marché pour résorber le chômage et une production interdite d'accès ailleurs. Il est alors normal de se dire pourquoi un tel sommet. Car cela suppose que tous les problèmes ont été identifiés et réglés de manière définitive et que la voie de l'intégration maghrébine devient cette fois dégagée. Il est vrai que bien des situations, surtout économiques, comme ces barrières érigées par certains partenaires étrangers, ont agi comme autant de révélateurs. Est-ce justement suffisant pour envisager l'avenir autrement ' Rien ne sera durable si cela ne relevait pas de choix politiques bien définis et clairement assumés. Ce qui justifierait alors la décision de tenir un sommet maghrébin avant la fin de cette année en Tunisie.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Mohammed Larbi
Source : www.elwatan.com