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Rentrée sociale dites-vous '



Rentrée sociale dites-vous '
Ce dimanche 18 septembre est le premier jour de la rentrée universitaire 2016-2017. Un rendez-vous qui touche plus de 1,6 million d'étudiants en plus des milliers d'enseignants et d'employés dans les administrations. Cette rentrée survient après de très longues vacances, et après une semaine "stand-by" consacrée aux fêtes de l'aïd. Le "réveil" semble très difficile pour toutes les administrations, universitaires ou autres.« J'ai l'impression que le pays est en hibernation », s'est désolé un quinquagénaire rencontré à la porte de l'université d'Alger, de l'état du pays. Appliquant le célèbre proverbe algérien « el oukoul fi raha » (les esprits sont au repos), le peuple se donne le choix de travailler ou pas. Entre aïd et vacances, la procrastination (tendance à remettre au lendemain l'exécution de quelque chose) vit ses plus beaux jours en Algérie. Pour cause, tous les établissements publics sont « fermés », ayant comme deadline la rentrée.« Ça fait plus de quatre mois que j'ai déposé le dossier de la carte Chifa, et à chaque fois que je pars réclamer on me demande de revenir le mois prochain, alors qu'au début on m'avait dit que ça allait un mois », s'est révoltée Yasmine, une salariée.Si on comptait donc les jours de repos, on aurait cinq mois. Vu que là où on va on nous prie de revenir en septembre, « pour trouver un travail je dois attendre le mois de septembre, car en été les entreprises ne recrutent pas, et pour retirer mon diplôme on me demande d'attendre aussi », s'est exprimé Nadir, avec un sourire nerveux.C'est visiblement toute la société qui a été contaminée par ce phénomène. D'ailleurs, les psychologues s'accordent à dire que la procrastination représente un échec de régulation de soi-même, cela devient un véritable handicap dans la vie professionnelle.Pour avoir une explication de ce prolongement des vacances, la rédaction numérique de Liberté s'est rapprochée de Abderezzak A., professeur en sociologie, qui nous a assuré que ce phénomène n'existait pas avant. « A l'époque du socialisme, les algériens étaient obligés de travailler, on était encore frais car on venait d'avoir notre indépendance », a-t-il indiqué. Pour le sociologue, la notion de vacances s'est démocratisée à l'arrivée de Chadli Bendjedid au pouvoir, « on nous le montrait en train de jouer au tennis, ou avec sa famille, et qu'il pouvait lui aussi avoir du temps pour lui ». Avant d'ajouter que l'« Algérien passe son temps à attendre, en se fixant des délais ».Capture d'écran d'un commentaire sur la page Facebook de l'USTHBEn tant que professeur universitaire, le sociologue Abderezzak A. dit se déplacer tous les jours, et ce, depuis l'annonce de la rentrée universitaire, sans donner de cours. « Les étudiants ne se présentent pas, et c'est normal. On leur a pas encore assuré les chambres ni même le transport ».« L'administration a son rôle à jouer », a indiqué Manel L., étudiante en première année Math/informatique à la fac centrale. « On nous a rien affiché, on ne sait rien, et on ne trouve personnes à qui demander des renseignements», a-t-elle ajouté. Imène AMOKRANE@ImeneAmokrane
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